La question du jour :

Climat : êtes-vous prêt à en faire plus ?




Climat : êtes-vous prêt à en faire plus ?
Un iceberg près d'Innarsuit, au Groenland, le 13 juillet 2018.
A lire aussi

, publié le mardi 09 octobre 2018 à 07h00

Pour contenir le réchauffement à 1,5°C, le groupe des experts de l'ONU, le Giec, estime que le monde doit atteindre une "neutralité carbone" en 2050.

En théorie, contenir l'emballement climatique qui nous guette est encore possible, mais en pratique ? Le monde doit engager des transformations "rapides" et "sans précédent", s'il veut limiter le réchauffement à 1,5°C, une cote d'alerte qui pourrait être atteinte dès 2030, préviennent les experts climat de l'ONU. Dans un rapport de 400 pages, dont le "résumé à l'intention des décideurs politiques" a été publié lundi 8 octobre, les scientifiques exposent les impacts déjà visibles et la menace d'emballement au-delà d'1,5°C de réchauffement (par rapport aux niveaux pré-industriels): canicules, extinctions d'espèces, déstabilisation des calottes polaires, montée des océans sur le long terme...

Alors que faire, tandis que 2017 a vu les émissions mondiales liées à l'énergie repartir à la hausse? Ou quand au Brésil, premier pays forestier, le favori à la présidentielle n'évoque dans son programme ni déforestation ni climat?


Pour le Giec, afin de rester à 1,5°C, les émissions de CO2 devront chuter drastiquement bien avant 2030 (-45% d'ici 2030) et le monde atteindre une "neutralité carbone" en 2050: autrement dit il faudra cesser de mettre dans l'atmosphère plus de CO2 qu'on ne peut en retirer.

Villes, industries, énergie, bâtiment...

tous les secteurs sont appelés à de "profondes réductions d'émissions", à "une transition" d'une ampleur "sans précédent". Le Giec insiste sur l'énergie - charbon, gaz, pétrole générant les trois quarts des émissions - et propose plusieurs scénarios chiffrés incluant différentes combinaisons d'actions.


Pour y parvenir, les scientifiques préconisent de faire passer les énergies renouvelables de 20 à 70% d'ici 2050, avec une quasi disparition des centrales au charbon. Du côté de l'industrie, les émissions de gaz à effet de serre devront être réduite de 75 à 90% par rapport à 2010. Plus globalement, les investissements pour la transformation des systèmes énergétiques devront s'élever à 2.400 milliards de dollars (environ 2.000 milliards d'euros) chaque année jusqu'en 2035.

"Nous avons cherché à voir si les conditions pour tenir 1,5°C étaient réunies", a résumé Jim Skea, de l'Imperial College de Londres, lors d'une conférence de presse lundi à Incheon.

"Et oui, les lois de la physique et de la chimie le permettent, ainsi que les technologies, le changement des modes de vie et les investissements. La dernière chose, à laquelle les scientifiques ne peuvent répondre, c'est si c'est faisable politiquement et institutionnellement. Nous avons remis le message aux gouvernements, nous leur avons donné les preuves, à eux de voir".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.