La question du jour :

Manuel Valls a-t-il raison de se porter candidat à Barcelone ?




Manuel Valls a-t-il raison de se porter candidat à Barcelone ?
Manuel Valls à Barcelone le 25 septembre 2018.

, publié le jeudi 27 septembre 2018 à 07h00

L'ancien Premier ministre s'est lancé dans un pari risqué en tentant de conquérir la mairie de la capitale catalane. Néanmoins, il croit en ses chances.

"Après un temps de réflexion, sérieux, j'ai pris la décision suivante : je veux être le prochain maire de Barcelone".

Après avoir maintenu le suspense pendant des semaines, l'ex-Premier ministre français Manuel Valls a officialisé mardi soir 25 septembre sa décision au Centre de culture contemporaine de Barcelone, dans le centre historique de la deuxième ville d'Espagne où il est né il y a 56 ans. Alors que les critiques se sont multipliées en France ces derniers jours, l'élu de l'Essonne, apparenté La République en marche (LREM) a également indiqué qu'il allait quitter son poste de député "dès la semaine prochaine".

Cette candidature à une élection municipale dans une grande métropole après une carrière politique de premier plan dans un autre pays est inédite en Europe. Tout citoyen de l'UE peut se présenter à des élections locales dans un autre pays que le sien au sein de l'Union depuis le traité de Maastricht.

"Je veux aller au-delà des frontières politiques", "je veux parler aux gens de gauche, je veux parler aux gens de droite car je suis le candidat de la modération", a assuré Manuel Valls mercredi en conférence de presse, en promettant d'en finir - s'il était élu - avec "les problèmes sérieux" touchant la ville : insécurité, inégalités, prix excessifs des logements, départ d'entreprises en raison de la crise politique catalane.

A-t-il ses chances?

L'ancien maire d'Évry fait un pari risqué en tentant de conquérir la mairie de sa ville natale, selon des analystes. S'il est assuré du soutien du parti libéral Ciudadanos, fer de lance de l'opposition à l'indépendantisme, Manuels Valls n'est pour l'heure pas parvenu à convaincre les deux autres partis anti-indépendantistes, le Parti socialiste à gauche et le Parti populaire à droite, de se rallier à sa candidature, souligne le politologue de l'Université de Barcelone, Jordi Muñoz.



Or, estime le politologue barcelonais Oriol Bartomeus, "la seule façon qu'il a de gagner" est de mettre sur pied une liste d'ouverture afin d'arriver en tête le 26 mai et de parier ensuite sur la division de ses adversaires. Les élections municipales se font au scrutin proportionnel en Espagne, obligeant les partis à des tractations après le vote.

Mais l'ancien chef du gouvernement croit en ses chances : "Je veux gagner, je veux être maire de Barcelone", a-t-il lancé.

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