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Marine Le Pen doit-elle accepter l'expertise psychiatrique ?




Marine Le Pen doit-elle accepter l'expertise psychiatrique ?
Marine Le Pen à Châteaudouble, le 12 septembre 2018.

Orange avec AFP, publié le vendredi 21 septembre 2018 à 07h00

Marine Le Pen est poursuivie pour avoir tweeté le 16 décembre 2015 trois photos d'exactions du groupe État islamique.

"J'attends de voir comment les magistrats comptent m'y contraindre". Marine Le Pen s'est insurgée jeudi 20 septembre contre un expertise psychiatrique ordonnée par la justice dans le cadre de l'enquête la visant pour avoir diffusé des photos d'exactions du groupe État islamique sur Twitter, un examen pourtant prévue par la procédure pénale.

"C'est proprement hallucinant.

Ce régime commence vraiment à faire peur", a écrit sur son compte Twitter la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), qui a rendu elle-même publique cette mesure, en joignant à son message l'ordonnance de l'expertise, datée du 11 septembre. Sollicité par l'AFP, le parquet de Nanterre a rappelé que Mme Le Pen avait été mise en examen pour "diffusion de message violent susceptible d'être vu ou perçu par un mineur", un délit réprimé à l'article 227-24 du code pénal. Pour ces infractions, la loi impose que les personnes poursuivies soient soumises à une expertise médicale - selon l'article 706-47-1 du code de procédure pénale.


Marine Le Pen est poursuivie pour avoir tweeté le 16 décembre 2015 trois photos d'exactions du groupe EI, en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu'elle accusait d'avoir "fait un parallèle" entre l'EI et le FN.

Ces images, qu'elle accompagnait des mots "Daech, c'est ça", montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos.

Dans les couloirs de l'Assemblée, la députée, avocate de formation, a affirmé qu'elle ne se rendrait "bien entendu" pas à cet examen. Dans les faits, quand une personne refuse de se soumettre à un examen de ce type, l'expert se borne à constater son absence et à la notifier dans la procédure. "Dans les régimes totalitaires c'est une des méthodes qui est utilisée contre les opposants", a affirmé Mme Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon a affiché son "désaccord total" avec l'examen psychiatrique qui est imposé à Marine Le Pen. Mais il ne s'agit pas là d'un soutien apporté d'un homme politique à son adversaire.

Le leader de La France insoumise estime en effet que la président du RN est "politiquement responsable de ses actes". "Désaccord total avec la psychiatrisation de la décision politique, a écrit Jean-Luc Mélenchon sur Twitter. Madame Le Pen est politiquement responsable de ses actes politiques. Tous les moyens ne sont ni bons ni acceptables pour la combattre. Ce n'est pas avec des méthodes pareilles qu'on fera reculer l'extrême-droite."

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