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Gérard Collomb doit-il démissionner avant mai 2019 ?




Gérard Collomb doit-il démissionner avant mai 2019 ?
Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, le 12 septembre 2018 à l'Élysée.

Orange avec AFP, publié le mercredi 19 septembre 2018 à 07h00

Dans un entretien à L'Express, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé mardi 18 septembre qu'il serait candidat à la maire de Lyon en 2020. Il envisage pour l'instant de quitter son poste gouvernemental après les Européennes de 2019.

Gérard Collomb briguera bien en 2020, l'année de ses 73 ans, un quatrième mandat dans "sa" ville de Lyon.

"C'est loin, les municipales. Si d'ici là on ne m'a pas diagnostiqué de maladie grave, je serai candidat à Lyon", a-t-il expliqué mardi, mettant fin aux spéculations sur son implication dans les futures batailles municipales lyonnaises.

"Secret de Polichinelle"

L'Élysée, qui était au courant depuis "plusieurs jours" selon une source gouvernementale, a qualifié l'information de "bonne nouvelle", saluant l'envie du ministre de "consacrer du temps et de l'énergie" à la métropole lyonnaise. Du côté de Matignon, on a évoqué un "secret de Polichinelle" en rappelant combien l'ancien socialiste était attaché à sa ville dont il fut le maire pendant 16 ans.



Cette annonce n'étonne guère dans le landerneau politique lyonnais. "C'est tout sauf une surprise. C'est l'épilogue laborieux d'un faux suspense entretenu depuis un an", tacle-t-on dans l'entourage d'Étienne Blanc, bras droit de Laurent Wauquiez à la région, pressenti pour mener la liste Les Républicains (LR) aux prochaines municipales. "Il était inimaginable que Collomb parte sur la pointe des pieds en murmurant qu'il passait la main", estime l'un de ses anciens chefs de cabinet. Et l'âge ? "Il a souvent rappelé celui de Raymond Barre (71 ans, NDLR) quand il a été élu maire, sans que les Lyonnais y trouvent à redire. Et il dit rarement les choses au hasard".

"Prendre un temps d'avance"

Reste qu'en lançant dès juin une association électorale, le ministre de l'Intérieur a voulu "prendre un temps d'avance", comme s'il craignait d'être distancé sur ses terres où il est pourtant souvent revenu depuis sa prise de fonctions à Paris. Il y a deux ans, celui qui conquit la mairie et le Grand Lyon en 2001, avant d'être réélu facilement en 2008 et 2014, avait préparé la suite : en 2020, il viserait la métropole, son lieutenant David Kimelfeld la mairie, la loi interdisant désormais de cumuler les deux.

Mais l'élection d'Emmanuel Macron, en le propulsant place Beauvau, a précipité l'arrivée de David Kimelfeld à la tête de l'agglomération. Avec le risque de le voir garder les clés, comme Louis Pradel - promu maire de Lyon à la place d'un ministre de Guy Mollet - à la succession de l'inamovible Édouard Herriot. David Kimelfeld, ancien premier fédéral du PS passé chez LREM dans le sillage de Gérard Collomb, l'a dit et répété : si l'envie prenait au ministre de retrouver son fauteuil lyonnais avant 2020, il n'aurait "aucune raison" de le garder.

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