La question du jour :

Faut-il publier les écarts de salaires dans les entreprises?




Faut-il publier les écarts de salaires dans les entreprises?
Les députés réunis à l'Assemblée nationale, le 31 juillet 2018.

publié le samedi 08 septembre 2018 à 07h00

Du côté des Républicains (LR), cette mesure est vue comme une simple "caution de gauche" dans le projet de loi du gouvernement Macron.

Des députés de la majorité La République en marche (LREM), Matthieu Orphelin en tête, proposent à l'occasion du projet de loi Pacte d'obliger les plus grandes entreprises à publier les écarts de salaires.

Leur amendement, cosigné par quarante-huit parlementaires dont Barbara Pompili et Joël Giraud, rapporteur général de la commission des Finances, "pose l'obligation pour les entreprises, de plus de 5.000 salariés dans le monde ou de 1.000 salariés en France, de publier dans leur rapport annuel un ratio mesurant l'écart entre la rémunération la plus haute et la rémunération médiane et de justifier les évolutions des écarts de salaires d'année en année".

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire s'est dit "favorable" à cet amendement du projet de loi Pacte sur la croissance des entreprises, dont l'examen en commission spéciale a débuté en milieu de semaine. "J'y suis favorable parce que je considère que l'on doit faire preuve de transparence et je considère également qu'il est bon, dans une entreprise, que les écarts de salaires ne soient pas trop importants pour garder la cohésion au sein de l'entreprise", a-t-il affirmé jeudi sur France 2.



"Je ne préjuge pas de ce que sera la décision du gouvernement mais dans ma vie je me suis beaucoup battu pour ça", la transparence des salaires, a ajouté pour sa part le secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi.

"Une caution de gauche", pour Christian Jacob

Du côté de l'opposition LR, la mesure est accueillie avec plus de scepticisme. Afficher les écarts de salaires "n'a aucun intérêt", estime ainsi Christian Jacob, président du groupe Les Républicains de l'Assemblée. "J'avais cru comprendre que la loi Pacte c'était pour relancer l'économie, c'était pas de faire du populisme", a ajouté M. Jacob, estimant que l'amendement au projet de loi vise à "donner une caution de gauche à ce texte" Pacte et s'apparente à "une petite manœuvre politique".

Les députés LREM, dont plusieurs de sensibilité de gauche, soulignent que cet amendement répond à un engagement de campagne d'Emmanuel Macron, qui voulait faire "publier par les grandes entreprises un ratio d'équité mesurant l'écart de rémunération entre le dirigeant et les salariés".

Dans un communiqué, l'ONG Oxfam s'est félicitée de cette possible "transparence" sur les écarts de salaires, qui "permettrait de suivre correctement (leur) évolution" et "d'inciter les entreprises à les réduire".


"Déjà appliquée au Royaume-Uni et aux États-Unis, il est temps que cette mesure soit appliquée en France quand on sait qu'au sein des groupes du CAC 40, l'écart entre la rémunération moyenne et celle des dirigeants est passé de 96 en 2009 à 119 en 2016", ajoute l'organisation.

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