La question du jour:

Emmanuel Macron doit-il maintenir le rythme des réformes ?




Emmanuel Macron doit-il maintenir le rythme des réformes ?
Emmanuel Macron à Madrid, le 26 juillet 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 22 août 2018 à 07h00

Le programme s'annonce chargé entre réforme des retraites, de la fonction publique et mesures visant à lutter contre la pauvreté.

Les vacances sont terminées : Emmanuel Macron a quitté mardi 21 août le fort de Brégançon pour rejoindre Paris. Il assistera mercredi au premier conseil des ministres de rentrée et participera à une réunion d'arbitrages budgétaires avec le Premier ministre Édouard Philippe.

Après un an de pouvoir, il va relancer le train des réformes, avec une "détermination" intacte malgré une croissance décevante et une image écornée par l'affaire Benalla.

L'équation budgétaire pour 2019 s'annonce délicate, le gouvernement s'étant fixé un objectif ambitieux de compression des déficits publics, alors que la croissance 2018 s'annonce moindre qu'espéré - 1,8% au lieu de 2%, alors que l'État doit financer des mesures coûteuses, dont la suppression partielle de la taxe d'habitation. Autre inquiétude, le taux de chômage, qui a grimpé en début d'année, n'a que légèrement baissé au 2e trimestre, à 9,1% contre 8,9% fin 2017. 


Côté réformes, le chef de l'État conserve "le même esprit de détermination et de combativité". Comme il l'a glissé lors d'un bain de foule de l'été, vendredi à Bormes-les-Mimosas, pour la rentrée, "le mot d'ordre c'est 'ne croyez pas que je vais lâcher quoi que ce soit'. Ne croyez pas une seconde que je compte ralentir ou dévier" le rythme des réformes.

Son programme se répartit en deux blocs : d'une part sur les dossiers économiques et sociaux, avec la loi Pacte sur les entreprises, la "stratégie pauvreté", reportée en juillet mais qui devrait être annoncée dès septembre, suivie de la renégociation de l'assurance-chômage cet automne. D'autre part, les projets qui relèvent de la "cohésion nationale" : le service national universel, la réforme du système de santé, attendue également dès septembre, la loi sur la bioéthique dont les orientations sont prévues en fin de l'année, puis la reforme des retraites, courant 2019.

Emmanuel Macron reste également "déterminé à mener à son terme la réforme constitutionnelle", bloquée par les partis d'opposition en juillet en raison de l'affaire Benalla. "Il regrette que l'opposition ait instrumentalisé le sujet Benalla pour faire de l'obstruction parlementaire et très politicienne", souligne-t-on de même source. 

Quant à l'affaire Benalla, qui a révélé des "dysfonctionnements" à l'Elysée, elle a conforté la volonté du chef de l'Etat de réformer le fonctionnement de la présidence, souvent "archaïque". Cette réflexion, entamée en octobre 2017, devrait aboutir à une réforme d'ici la fin de l'année, dont la nomination d'un directeur des services et un commandement unique pour le personnel chargé de sa sécurité, indique son entourage.

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