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Faut-il mieux encadrer les salaires des grands patrons ?




Faut-il mieux encadrer les salaires des grands patrons ?
Le nouveau directeur général d'Air France-KLM Benjamin Smith, sur une photo du 7 décembre 2016.

Orange avec AFP, publié le samedi 18 août 2018 à 07h00

Le salaire du nouveau directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, nettement supérieur à celui de son prédécesseur, a immédiatement suscité la critique.

À chaque nomination, son lot de polémiques. Et ce sont souvent les salaires des grands patrons qui prêtent à débattre.

Le nouveau patron d'Air France-KLM ne fait pas exception : à peine désigné, Benjamin Smith a vu le montant de sa rémunération critiqué.



Hausses de salaire généreuses, bonus exceptionnels, plans de stock-options avantageux (bons d'achat d'actions à des conditions favorables), fortes indemnités de départ ("parachutes dorés") ou prime de bienvenue : rappel des principales polémiques de ces dernières années.

Air France-KLM

La rémunération de Benjamin Smith pourra atteindre un montant maximum de 4,25 millions d'euros par an (dont 900.000 euros de part fixe), a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.

Un montant potentiel plus que triplé par rapport à celui accordé au précédent patron d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, de 1,12 million d'euros en 2017 dont 600.000 euros de fixe selon le document de référence du groupe. Il avait toutefois renoncé à 12.000 euros pour maintenir le montant variable au niveau de 2016.

Carrefour

En juin 2018, l'ancien patron de Carrefour Georges Plassat renonce à une indemnité de départ de près de 4 millions d'euros, sous la pression du gouvernement après l'indignation des syndicats, et compte tenu des déboires du groupe français de distribution. Les actionnaires du groupe avaient approuvé à 68% l'octroi à M. Plassat d'une rémunération de 13,17 millions d'euros en 2017, qui comportait une indemnité de départ sous la forme d'un engagement de non-concurrence.

Passage en force à Renault

En 2016, l'assemblée générale des actionnaires de Renault rejette par 54% des voix le niveau de rémunération du PDG Carlos Ghosn fixé pour l'exercice 2015 à un total de 7,25 millions d'euros, en hausse de 0,49% sur 2014. En février 2018, M. Ghosn accepte de baisser sa rémunération de 30%, une condition imposée par l'Etat afin qu'il lui apporte son soutien à sa reconduction pour un nouveau mandat de quatre ans.

Doublement à PSA

Le 29 mars 2016, l'AG du groupe automobile PSA (marques Peugeot, Citroën...) approuve à 76,53% le quasi-doublement du salaire du président du directoire, Carlos Tavares, à 5,24 millions d'euros, grâce à une part variable dopée par le redressement spectaculaire du groupe.

Parachute doré à Alcatel-Lucent

En août 2015, un parachute doré de 14 millions d'euros sur trois ans est offert à Michel Combes par l'équipementier télécom Alcatel-Lucent à l'occasion de son départ pour la direction de Numéricable-SFR. Après plusieurs jours de polémique, Alcatel-Lucent décide de réduire de près de moitié la prime.

Prime de bienvenue à Sanofi

En février 2015, syndicats et petits actionnaires s'élèvent contre la prime de bienvenue de 4 millions d'euros reçue par le nouveau directeur général, Olivier Brandicourt, en compensation des avantages auxquels il a renoncé en quittant son précédent employeur, le groupe allemand Bayer. À cette somme s'ajoutent près de trois millions d'euros versés par Sanofi à son prédécesseur, Chris Viehbacher, comme indemnité après son éviction.

Retraite chapeau à PSA

Le terme de "retraite chapeau" désigne des rémunérations disparates versées le plus souvent aux cadres de très haut niveau après leur départ de l'entreprise. En novembre 2013, le patron sortant de PSA Philippe Varin renonce aux 21 millions d'euros prévus par le constructeur pour sa retraite chapeau face à l'avalanche de critiques alors qu'il s'apprête à céder la direction du groupe automobile en difficulté.

Stocks-options à la Société Générale

En mars 2009, la banque annonce que ses quatre principaux dirigeants vont recevoir un total de 320.000 stocks-options au titre de l'exercice 2008. L'annonce déclenche un tollé alors que la Société Générale a bénéficié de l'aide de l'Etat pour traverser la crise financière. Les dirigeants renoncent à ces stocks-options, sous pression du gouvernement de François Fillon qui menace de légiférer sur le sujet.

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