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Victoire des Bleus : Macron en a-t-il trop fait ?




Victoire des Bleus : Macron en a-t-il trop fait ?
Emmanuel Macron et les joueurs de l'Équipe de France, le lundi 15 juillet à l'Élysée.

Orange avec AFP, publié le mercredi 18 juillet 2018 à 07h00

Discours, embrassades, câlins, dab... Emmanuel Macron a été omniprésent après le sacre des Bleus en Russie.

Plusieurs opposants politiques lui ont d'ailleurs reproché de "s'accaparer" la victoire de l'Équipe de France.

Dans le stade, sur le terrain, dans les vestiaires, à l'Élysée... Emmanuel Macron n'a pas été avare de réactions ces 15 et 16 juillet, quitte à être accusé par certains de surjouer le bonheur. Les députés communistes ont également estimé que le chef de l'État avait provoqué "beaucoup de frustration" en s'appropriant "la joie du peuple" liée à la victoire des Bleus. L'ancien candidat à l'élection présidentielle, Jean Lassalle, a lui reproché au chef de l'État de s'être "accaparé les joueurs" aux dépens du "petit peuple qui n'a pas le droit de voir l'équipe qui a triomphé en son nom !".



"Inévitablement, on va lui reprocher de tenter de récupérer un peu de la popularité des joueurs par capillarité. Certains estiment aussi qu'un président ne devrait pas être aussi tactile et démonstratif avec les joueurs", a expliqué à 20 Minutes, Arnaud Mercier, professeur de communication politique à l'Institut français de presse à Paris II.



Ce dernier estime cependant que son intérêt pour le football et les joueurs de l'Équipe de France est "sincère tout comme ses réactions à leur égard le soir de la finale. Car quand il dabe avec des joueurs par exemple, Macron n'est pas sous contrôle. D'ailleurs, ce type d'images ne le grandit pas".

Pas de résultat dans un premier sondage

"Tout était préparé en amont. Car Macron est un homme d'images qui sait qu'il est filmé. Et qui peut feindre la spontanéité alors que tout a été pensé en amont", nuance cependant Christian Delporte, spécialiste d'histoire politique à l'Université de Versailles. "Lorsque Macron embrasse le front des joueurs, on pense tout de suite à Jacques Chirac embrassant Barthez sur le crâne en 1998. Il montre ainsi qu'il prend le relais".

pour l'instant, l'épopée victorieuse de l'équipe de France de football ne semble pas avoir produit d'effet sur la popularité d'Emmanuel Macron. Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting publié ce mardi pour Le Figaro et franceinfo, le chef de l'État est jugé "bon président" par seulement 39% des personnes interrogées. Un chiffre en baisse de deux points depuis fin juin.

"La victoire de 2018 n'aura donc pas du tout eu le même effet pour la popularité d'Emmanuel Macron que la victoire de 1998 pour celle de Jacques Chirac (+7 points à BVA et à l'Ifop en un mois)", note l'institut de sondage.

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