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La victoire des Bleus va-t-elle profiter à Emmanuel Macron ?




La victoire des Bleus va-t-elle profiter à Emmanuel Macron ?
Emmanuel et Brigitte Macron avec les joueurs et le staff de l'Équipe de France le lundi 16 juillet à l'Élysée.

Orange avec AFP, publié le mardi 17 juillet 2018 à 07h00

La victoire des Bleus au Mondial tombe à point nommé pour Emmanuel Macron qui a fait du "retour de la France" son mot d'ordre sur la scène internationale. Le président va devoir désormais transformer l'essai politiquement, un pari tout aussi audacieux que celui des Bleus.

Avec le triomphe des Bleus, la France se retrouve au firmament du sport roi de la planète.

"Même en Corée du Nord on est au courant de leur exploit !", assure à l'AFP Pascal Boniface, expert en géopolitique du sport et directeur de l'Institut de Relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris. "Cette victoire a évidemment un effet de loupe sur la France", confirme Paul Dietschy, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Franche-Comté et historien du football.



Des Jeux olympiques aux grand-messes du ballon rond, le sport est devenu un outil de puissance, le fameux "soft power" conféré non plus par la force mais par l'image. Si l'étoile de la France va briller plus fort - elle accueillera aussi la coupe du Monde de rugby en 2023 et les JO de 2024 - les bénéfices diplomatiques potentiels seront plutôt à chercher du côté de la Russie.

"Ce qui va compter c'est le taux de chômage, pas la deuxième étoile"

"Cette victoire va renforcer l'image de la France pour plusieurs années et donc l'image de celui qui en est à la tête de façon quasi-automatique", poursuit Pascal Boniface. Après avoir "capté la lumière" pendant un an, Emmanuel Macron, déterminé à incarner une France de nouveau confiante en elle-même et réformatrice, connaît un "trou d'air", constate-t-il. "L'absence de résultats avec l'Allemagne (sur la réforme de l'Europe, ndlr), avec les Etats-Unis de Donald Trump fait un peu pâlir son étoile", estime-t-il.

Ses ambitions européennes sont contrariées par l'affaiblissement de son alliée, la chancelière Angela Merkel, et par la marche ininterrompue des populistes vers le pouvoir, y compris en Italie, pays fondateur de l'Union européenne. Sur le nucléaire iranien, la Libye, la Syrie, les initiatives françaises peinent aussi à se concrétiser.



Vingt ans après sa première victoire au Mondial, immortalisée par la célèbre devise "black blanc beur", la France apparaît aussi de nouveau rassemblée derrière ses joueurs, Français d'origine ou issus de l'immigration. "On veut espérer que cette France, si prompte d'ordinaire à douter, à macérer dans ses divisions, décide de puiser ici l'énergie pour aller de l'avant", résumait lundi le quotidien La Montagne.



"Cela fait du bien au moral du pays mais ce qui va compter pour 2022 (prochaine présidentielle), c'est le taux de chômage, pas la deuxième étoile", pointe Pascal Boniface.

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