La question du jour :

Service universel : un mois est-ce suffisant ?




Service universel : un mois est-ce suffisant ?
Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le mercredi 27 juin.

publié le jeudi 28 juin 2018 à 07h00

Un service civique obligatoire d'un mois "aux alentours de 16 ans", suivi d'un engagement sur la base du volontariat : le gouvernement a dévoilé le mercredi 27 juin les grandes lignes du futur service national universel (SNU), dont les modalités seront précisées à l'issue d'une consultation de la jeunesse. Une durée jugée trop courte par la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen.

Conformément aux recommandations du groupe de travail mandaté par l'Élysée, le SNU sera organisé en deux phases, a expliqué le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer à l'issue du Conseil des ministres.

Une "phase de cohésion" obligatoire d'une durée d'un mois maximum, à l'âge de 16 ans environ, comprenant une phase d'"intégration" de 15 jours en hébergement collectif qui permettra le "brassage social", suivi d'un temps d'engagement de 15 jours "plus personnalisé" en petits groupes, pas nécessairement en internat. Cette séquence se déroulera en partie pendant les vacances scolaires.

Une mise en place progressive

A cette première phase, s'ajoutera une seconde "facultative" avant 25 ans, d'une durée de trois à douze mois, "pour ceux qui ont envie de s'engager davantage encore" et qui pourrait s'effectuer "dans des domaines aussi variés que la défense, l'environnement, l'aide à la personne, le tutorat, la culture". Cet engagement donnera lieu à "des mesures d'attractivité variées et ciblées", selon le gouvernement : facilités d'accès au permis, crédits universitaires, éventuelle indemnisation...



Le dispositif a vocation à toucher 750.000 jeunes par an. Mais sa mise en place sera progressive. Le ministre de l'Éducation nationale a confirmé mercredi que le SNU commencerait à être mis en oeuvre "à l'été 2019", mais il "ne concernera pas toute une classe d'âge" dans l'immédiat et sera progressivement mis en place sur plusieurs années.

Le rapport du groupe de travail plaide pour une montée en puissance du dispositif sur sept ans pour atteindre 700.000 stagiaires à partir de 2026. D'ici là, le gouvernement devra réviser la Constitution, via un amendement dans la réforme constitutionnelle, pour autoriser une obligation de service à l'ensemble d'une classe d'âge.



La présidente du Rassemblement national (ex FN), Marine Le Pen, a jugé mercredi que ce projet "ne rim(ait) à rien", car en un mois les jeunes ne vont "strictement rien apprendre". "L'idée d'un service national est une bonne idée, mais il faut au moins 3 mois" parce que ça permet de continuer les études et "d'apprendre à nos jeunes tout ce qu'on veut leur apprendre : l'amour de la nation, le mélange des classes sociales, le patriotisme, éventuellement la maîtrise des armes", a affirmé l'élue du Pas-de-Calais.

"Mais en un mois, on ne va strictement rien apprendre, donc ça ne rime à rien. On voit que c'est une solution de repli (...) dans ces cas-là, il était presque plus utile qu'il (Emmanuel Macron) abandonne cette idée, plutôt qu'il donne un semblant de réalité à un service national qui n'en est pas un", a-t-elle poursuivi.

Le député de La France insoumise Adrien Quatennens a lui estimé que le projet était "du bricolage", car le gouvernement n'énonce "aucun objectif" clair et ne prévoit qu'un budget "limité" pour sa mise en oeuvre.

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