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La France doit-elle accueillir une partie des migrants de l'Aquarius ?




La France doit-elle accueillir une partie des migrants de l'Aquarius ?
Les 630 migrants secourus par l'Aquarius sont arrivés dimanche 17 juin en Espagne.

Orange avec AFP, publié le lundi 18 juin 2018 à 07h00

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a assuré que "la France accueillera" les migrants "s'ils répondent aux critères fixés dans la loi".

Les 630 migrants secourus par l'Aquarius sont arrivés dimanche 17 juin en Espagne, épilogue d'une semaine d'errance en Méditerranée qui a exacerbé les tensions en Europe sur la politique migratoire. La France a proposé d'accueillir une partie des migrants de l'Aquarius, a annoncé samedi le gouvernement espagnol.

Une offre saluée par le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez comme un signe de la "coopération" et de la "solidarité" européennes nécessaires face à la crise migratoire.



Concrètement, l'Office français de protection des réfugiés a indiqué être prêt "à envoyer en tout de début de semaine (à Valence) des équipes qui pourront s'assurer que les personnes relèvent bien du droit d'asile". 

Des demandes au "cas par cas"

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a estimé qu'il était "impossible" de déterminer combien de migrants de l'Aquarius seraient accueillis par la France, qui va examiner les situations "au cas par cas".

"La France a toujours dit que s'il (l'Aquarius) avait été à proximité des côtes françaises, le droit s'imposerait" a expliqué M. Griveaux dans Dimanche en politique sur France 3. Il faut selon lui "d'abord (régler) la question du traitement médical, de l'accueil, de remettre ces gens d'aplomb et ensuite l'examen" des situations. "La France accueillera s'ils répondent aux critères que nous avons fixés dans la loi, la France prendra sa part", a-t-il assuré.

"J'ai honte"

Une décision tardive qui fait "honte" au leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. "J'ai honte de penser qu'on a pu abandonner ces pauvres gens, je me fiche du reste, ces pauvres gens ballottés entre trois pays qui se disputent", a déclaré le député des Bouches-du-Rhône sur France Inter.

Le dossier de l'immigration, "il est complexe, mais il y a un moment où la complexité s'efface derrière l'humanité", a-t-il fait valoir. Il a accusé Emmanuel Macron d'être dans cette affaire "le bon bourgeois qui regarde ailleurs". Pour lui, "la question du traitement des gens en mer n'est pas une question migratoire, c'est une question d'humanité".

"Il y a une hypocrisie et un cynisme total"

Pour sa part, la présidente du Rassemblement national (ex-FN) Marine Le Pen s'est dit "extrêmement inquiète" de voir une partie des migrants de l'Aquarius, qui a accosté en Espagne, venir prochainement en France.

"Bien sûr, je suis heureuse qu'ils soient sains et saufs. Mais je suis extrêmement inquiète, j'ai entendu le Premier ministre indiquer qu'une partie d'entre eux allait venir en France", a déclaré la députée du Pas-de-Calais. "Le signal de l'ouverture continue de nos frontières" se poursuit selon elle, et "la prochaine fois, les bateaux iront directement dans les ports français".

Pour Mme Le Pen, "il y a une hypocrisie et un cynisme total à dire qu'on ne veut pas qu'il y ait des images d'un bateau qui accoste dans un port français et dans le même temps, on deale avec l'Espagne pour récupérer une partie des migrants".

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