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Aides sociales : êtes-vous choqué par les propos de Macron sur le "pognon" ?




Aides sociales : êtes-vous choqué par les propos de Macron sur le "pognon" ?
Emmanuel Macron à Mouchamps, le 13 juin 2018.

Orange avec AFP, publié le jeudi 14 juin 2018 à 07h00

Les aides sociales déresponsabilisent les bénéficiaires, estime le président.

C'est une petite phrase qui a fait beaucoup de bruit. "On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s'en sortent pas", s'est enflammé mardi 12 juin Emmanuel Macron, dans une vidéo qui le montre en train de peaufiner son discours de mercredi devant la Mutualité.

Les propos du président ont déclenché une vague de réprobation dans l'opposition de tous bords, certains estimant qu'"un président ne devrait pas dire ça".

"Macron flatte les égoïsmes et surfe sur les clichés (...) afin de promouvoir une politique libérale qui ne fera qu'accroître la détresse et pauvreté", a dénoncé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. "Le président a un problème avec les pauvres et cela commence à se voir de plus en plus", a jugé de son côté la maire PS de Lille Martine Aubry. "Sous le mépris glaçant de ses propos : ce qu'il souhaite, c'est défaire méthodiquement tous les acquis obtenus depuis la Libération et le Conseil national de la Résistance", a-t-elle dénoncé dans un communiqué.



"Monsieur Macron, ce qui coûte un 'pognon de dingue', c'est vous et vos cadeaux aux ultra-riches. Il y a une solution simple pour en finir avec la pauvreté. Elle s'appelle le partage des richesses", a fustigé sur Twitter le chef de file des députés La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon. Emmanuel Macron "fait, comme tous les ultralibéraux, porter la responsabilité de la pauvreté, du chômage, sur les chômeurs et les pauvres", a pour sa part lancé sur BFMTV et RMC Marine Le Pen (RN, ex-FN).



"Je pense qu'il y a une forme de racisme social. Derrière tout ça, il y a un profond mépris, une profonde indifférence à la souffrance de ceux qui sont les plus vulnérables", a fustigé l'ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon sur France Info. Plusieurs dirigeants Les Républicains (LR) ont critiqué les propos d'Emmanuel Macron sur la forme, bien qu'ils partagent une partie du constat sur le fond. "C'est une mise en scène", pour le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau. "On a effectivement énormément d'aides sociales et elles ne sont pas suffisamment réorientées vers la reprise de l'emploi", a-t-il estimé, sur Public Sénat, distinguant au passage "les mots" du président des "actes qui sont posés".

Si certains dans la majorité ont fait part de leur malaise, comme la députée LREM Sonia Krimi, le président a trouvé un soutien chez sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Dans un "langage parlé, de sincérité", le président dit "quelque chose d'essentiel, qu'il vaut mieux prévenir que guérir", a-t-elle dit sur France Info.

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