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Toutes les aides sociales peuvent-elles "être discutées" ?




Toutes les aides sociales peuvent-elles "être discutées" ?
"Il n'est pas question de faire des économies sur le dos des pauvres" précise Agnès Buzyn.

Orange avec AFP, publié le lundi 11 juin 2018 à 07h00

La ministre des solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a estimé, dans un entretien au Journal du Dimanche, que toutes les aides sociales "peuvent être discutées".

Dans un entretien au Journal du Dimanche, dans son édition du 10 juin, la ministre des solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a estimé que toutes les aides sociales "peuvent être discutées", tout en excluant de faire des économies "sur le dos des pauvres".



Soulignant que la France "a privilégié l'approche monétaire pour éviter" la "grande pauvreté", Mme Buzyn estime que c'est "indispensable, mais insuffisant pour remettre en route cet ascenseur social qui ne fonctionne plus".

"Il n'est pas question de faire des économies sur le dos des pauvres"

La ministre a rappelé que "les aides sociales en matière de lutte contre la pauvreté avoisinent les 50  milliards d'euros.

Nous sommes en droit d'interroger leur efficacité, tout comme celle des aides versées aux entreprises", souligne la ministre, qui "s'inscrit" dans cette "priorité" du gouvernement qui est de se préoccuper de "la dépense publique et de son efficacité".

Prime d'activité, RSA, allocation spécifique de solidarité... "Toutes les allocations peuvent être discutées (...). On a le droit de réinterroger un dispositif s'il ne produit pas les résultats attendus", poursuit la ministre, qui affirme à nouveau que Bercy ne lui a "jamais" demandé de réaliser 7 milliards d'euros d'économies.

"Mais il n'y aura pas de coupes budgétaires sur les plus pauvres", promet-elle. "En aucun cas, nous ne remettons en cause" le bien-fondé des aides sociales, poursuit Mme Buzyn, et "il n'est pas question de faire des économies sur le dos des pauvres", insiste-t-elle.

Les aides sociales "sont là aussi pour empêcher" de "tomber" dans la pauvreté

En réaction, le secrétaire général de Force ouvrière Pascal Pavageau a appelé le gouvernement à ne pas "rentrer dans la discussion" sur une réforme des aides sociales "en disant "on ne touchera pas à des aides sociales pour les plus pauvres"".

"La question éventuelle de la transformation d'une aide sociale liée à l'évolution du besoin, qui ne serait plus le même aujourd'hui qu'il y a dix ans, mais parlons-en, ça nécessite une vraie évaluation", a expliqué le responsable syndical sur le plateau de Questions politiques franceinfo/FranceInter/France2.

"Mais on ne peut pas rentrer dans la discussion en disant: "on ne touchera pas à des aides sociales pour les plus pauvres"!", a-t-il prévenu. "D'abord c'est quoi les plus pauvres ? C'est quoi le niveau de pauvreté ?", a-t-il interrogé.

Et au-delà, a-t-il rappelé, les aides sociales "sont là aussi pour empêcher" de "tomber" dans la pauvreté. Il a évoqué "une logique de rempart, de protection et de digue".

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