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Assemblée nationale : faut-il réduire le rythme des députés ?




Assemblée nationale : faut-il réduire le rythme des députés ?
"Il faut que cela se fasse dans des conditions normales" (Photo d'illustration)

, publié le mercredi 06 juin 2018 à 07h00

De nombreux députés se plaignent du rythme de travail que leur impose leur fonction.

Face aux plaintes de certains députés concernant le rythme des débats, le président La République en marche (LREM) de l'Assemblée nationale, François de Rugy, a appelé mardi 5 juin le gouvernement à "mettre de l'ordre dans l'ordre du jour". Il souhaite la prise de mesures pour permettre un "déroulement des débats plus correct", et va notamment demander que l'Assemblée ne siège plus le week-end.



"Il est tout à fait normal que le gouvernement et la majorité veuillent faire passer un certain nombre de textes, mais il faut que cela se fasse dans des conditions normales", a-t-il jugé.

"Nous avons siégé ces dernières semaines 80 heures par semaine", a-t-il rappelé, soulignant le travail en parallèle dans les commissions et en circonscription.

Passage en force pour la gauche

Du côté de l'opposition de gauche, on partage ce constat. Pour le le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, le gouvernement "cherche à créer un effet de saturation qui permet à la majorité de passer en force, sans avoir à souffrir le contrôle de l'opposition, ni des Français eux-mêmes". Un constat que partage le non-inscrit Olivier Falorni : "Ce qui me désole, ce n'est pas la fatigue, puisque l'on est payé pour ça(...) Mais on travaille mal. On crée des lois qui, demain, s'avéreront inefficaces ou inapplicables."

Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a pour sa part estimé que "ce n'est pas une vie normale que celle d'un parlementaire qui doit rester nuit et jour ici". Des horaires qui touchent également les collaborateurs des députés selon le député PCF du Puy-de-Dôme, André Chassaigne : "L'embouteillage des lois importantes provoque une charge de travail colossale y compris pour les personnels".

Amateurisme gouvernemental pour la droite

Un avis que partage également l'opposition de droite. Pour le patron des députés Les Républicains (LR), Christian Jacob, "il ne s'agit pas de faire pleurer dans les chaumières" mais "ce n'est pas une bonne manière de légiférer". Il y voit le signe d'un "amateurisme" gouvernemental. Ce n'est pas normal qu'après "trois mois où il n'y avait pas de textes" c'est désormais "un entonnoir" déplore t-il.

Des critiques qu'entend le secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, tout en soulignant qu'"il y a des temps d'action qui impliquent d'aller vite" et les Français "ne pensent pas qu'il y a surchauffe".

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