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Fondation pour la mémoire de l'esclavage : soutenez-vous Macron ?




Fondation pour la mémoire de l'esclavage : soutenez-vous Macron ?
Emmanuel Macron au Panthéon, à Paris, lors de la cérémonie du 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, le 27 avril 2018.

Orange avec AFP, publié le samedi 28 avril 2018 à 07h00

Selon le président, "il n'y a pas de récits interdits dans le récit national. Il n'y a pas de douleurs oubliées dans la mémoire nationale.

Emmanuel Macron a annoncé vendredi 27 avril que "la Fondation pour la mémoire de l'esclavage", annoncée en 2016 par son prédécesseur François Hollande, "serait créée cette année" et présidée par l'ex-Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault. La fondation "sera logée à l'Hôtel de la Marine où l'abolition de l'esclavage fut décrétée le 27 avril 1848", par Victor Schœlcher, a affirmé le chef de l'État au Panthéon, lors de la cérémonie du 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

Elle "sera dotée de moyens humains et financiers mais aussi scientifiques, pour mener des missions d'éducation, de culture, de soutien à la recherche et aux projets locaux, sous la présidence de Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre et figure éminente de cette mémoire", a-t-il ajouté.

"La Fondation aidera également à replacer l'esclavage dans le temps long de l'Histoire de la France, du premier empire colonial français à nos jours, car il est impossible de parler de la France d'aujourd'hui sans parler de son passé colonial, sans dire en particulier le rapport singulier qu'elle entretient avec le continent africain, cette relation complexe et profonde qui est devenue une part inaliénable de nos identités respectives", a-t-il également affirmé.

L'ESCLAVAGE N'A PAS DISPARU"

"Enfin, la Fondation devra porter partout l'engagement de la France pour la liberté car l'esclavage n'a pas disparu et il reste encore aujourd'hui des abolitions à gagner", a-t-il ajouté.

L'ex-président Hollande avait annoncé la création de cette fondation le 10 mai 2016, lors de la journée commémorative de l'abolition de l'esclavage, qui marquait aussi les 15 ans de la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité par la France. A la même date l'an dernier, trois jours après l'élection de M. Macron, M. Hollande avait jugé "plus que jamais nécessaire de faire la paix des mémoires", invitant son successeur à "porter" à son tour ce message.

M. Macron a également annoncé un "soutien" au Mémorial ACTe à Point-à-Pitre, et l'édification d'un Mémorial national à Paris, dans le Jardin des Tuileries.


"Je souhaite que la République se souvienne des esclaves eux-mêmes, ces hommes, ces femmes et ces enfants 'que les bateaux ont volés de l'autre côté de l'océan, qu'ils ont jetés sur les plages, abandonnés sur les marches glissantes des docks, puis à la brûlure du soleil et à la morsure du fouet', selon les mots puissants de Jean-Marie Le Clézio", a-t-il affirmé. 

"L'esclavage, comme du reste le colonialisme, s'est construit sur un système d'exploitation économique. Mais c'est parce qu'il s'appuyait sur le racisme et les préjugés qu'il a pu perdurer. Et le racisme a voulu trouver dans l'esclavage et ses séquelles de nouvelles justifications, aussi odieuses que fallacieuses. Alors, autant qu'un devoir de mémoire, l'histoire de l'esclavage ouvre un devoir d'avenir car la compréhension de ce qui a pu justifier ce commerce immonde doit être un outil pour conjurer la haine et le rejet de l'autre", a-t-il insisté. Selon le président, "il n'y a pas de récits interdits dans le récit national. Il n'y a pas de douleurs oubliées dans la mémoire nationale. Mais le passé ne doit pas nous entraver. Il doit au contraire nous éclairer et nous guider".

Accompagné notamment par Christiane Taubira, à l'origine de la loi du 21 mai 2001 de reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité, et ancienne ministre de la Justice, M. Macron s'est ensuite recueilli dans la crypte du Panthéon.

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