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La visite de Macron aux États-Unis est-elle une réussite ?




La visite de Macron aux États-Unis est-elle une réussite ?
Emmanuel Macron et Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 24 avril 2018.
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Orange avec AFP, publié le jeudi 26 avril 2018 à 07h00

S'ils ont affiché, parfois de manière très tactile, leur proximité, Emmanuel Macron et Donald Trump ont également montré leurs divergences.

Du faste, des embrassades et des divergences affichées. En trois jours de visite d'État, Emmanuel Macron a tenté d'obtenir des concessions de Donald Trump.

L'exercice a parfois semblé tourner à l'avantage de l'Américain, qui n'a rien lâché sur le fond mais a donné le ton sur la forme.

Souvent tactile avec ses hôtes, le président français s'est cette fois fait largement dépasser par les gestes d'affection enthousiastes - et parfois même embarrassants - de son homologue. Le Washington Post a publié en Une mercredi une photo de Donald Trump qui entraîne énergiquement son hôte en le tenant par la main, rappelant un peu un père pressé avec son fils. Diversement interprétée, la scène a souvent été jugée un peu humiliante pour le Français. Et l'analyse de ce "body langage" informe la capacité de la France à peser face aux Etats-Unis sur leurs nombreux sujets de désaccords, en tête l'accord nucléaire sur l'Iran.

"Durant ce voyage, Trump devient le mâle dominant et Macron se laisse dominer", tranche un éditorialiste du Washington Post. Pour le New York Times et le Spiegel, le Français se sert de cette amitié d'une manière calculée pour obtenir des concessions, mais avec un succès douteux. "Macron utilise cette relation pour se présenter comme le leader de l'Europe et restaurer la place de la France à l'international (...) mais savoir si ces manifestations ont elles un impact sur Trump n'est pas clair", écrit le Spiegel. Thomas Snegaroff, un expert français des Etats-Unis, ne semble pas non plus convaincu. "Depuis deux jours, on ne cesse de vanter le talent de Macron qui a pigé qu'il fallait flatter sans cesse Trump pour parvenir à ses fins. J'ai l'impression qu'on peut dire que l'inverse est vrai", écrit-il sur Twitter.


Mais attention aux conclusions hâtives. "La seule mesure de la réussite du pari avec Trump sera sa décision le 12 mai sur l'Iran et son choix de déchirer ou non un accord obtenu de haute lutte par Barack Obama et ses alliés européens", ajoute-t-il.

Devant le Congrès mercredi, le ton du président français est devenu plus tranchant, développant longuement ses thèmes favoris en lançant bon nombre de piques contre la politique de Donald Trump, son isolationnisme, son scepticisme sur le changement climatique et sa posture guerrière en matière de commerce. C'est ainsi qu'il a fustigé sans prendre de gants la tentation de "l'isolationnisme et du nationalisme" et appelé les Etats-Unis à aider à "préserver et réinventer le multilatéralisme", devant une assemblée dominée par des républicains, dont bon nombre partagent les idées de M. Trump dans ce domaine.

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