La question du jour:

Mobilisation : la "convergences des luttes" a-t-elle eu lieu ?




Mobilisation : la "convergences des luttes" a-t-elle eu lieu ?
Philippe Martinez lors de la manifestation à Paris le 19 avril 2018.

Orange avec AFP, publié le vendredi 20 avril 2018 à 07h00

Près de 120.000 personnes, dont de nombreux cheminots, ont défilé jeudi partout en France pour appeler à une "convergence des luttes" face à Emmanuel Macron.

"Macron, président des riches", "Macron le valet des patrons"... Jeudi 19 avril, le nom du président était partout ciblé lors des manifestations organisées dans toute la France à l'appel de la CGT et Solidaires.

Au total, 119.500 personnes ont manifesté dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur. De son côté, la CGT, qui a comptabilisé près de 190 mobilisations sur le territoire, a recensé 300.000 manifestants. À Paris, la manifestation a été émaillée par des heurts entre forces de police et manifestants.



Grèves et manifestations s'accompagnaient aussi de perturbations, notamment à la SNCF, où le taux de grévistes était plus important jeudi (22,7%) que la veille, avec 66,4% de conducteurs à l'arrêt. "On est dans un bouillonnement social", a constaté Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé. La convergence des luttes, "ça braque les projecteurs sur des sujets communs", a complété Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots. La mobilisation a également affecté le secteur de l'énergie, certaines crèches et écoles, les transports publics à Nice et en Île-de-France, ainsi que l'audiovisuel public.

"Nous sommes ravis, c'est un niveau de mobilisation important", a déclaré en fin de journée sur LCI le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, reconnaissant néanmoins qu'il y avait "moins de manifestants" que lors de la précédente journée de mobilisation, le 22 mars, où cheminots et fonctionnaires étaient descendus dans la rue. La CGT avait alors annoncé 500.000 participants et la police 323.000.

LA CONVERGENCE DES LUTTES NE FAIT PAS L'UNANIMITÉ

Les cheminots en sont à leur huitième journée de grève depuis début avril contre la réforme ferroviaire. La grogne monte également dans le secteur de la santé, les hôpitaux et les maisons de retraite médicalisées (Ehpad), chez l'ensemble des fonctionnaires. Et le conflit salarial chez Air France est dans l'impasse. Des facultés sont en outre occupées ou bloquées par des opposants à la réforme "Parcoursup", accusée d'instaurer une "sélection" à l'entrée à l'université.

La CGT et Solidaires espèrent construire un front unique à partir de ces colères. Une "coagulation" des "mécontentements" à laquelle ne croit pas le président Emmanuel Macron. Mais la "convergence des luttes" ne fait pas l'unanimité chez les syndicats. Pour Laurent Berger (CFDT), ce mode d'action "ne fonctionne pas". Elle "nuit à l'efficacité syndicale", a jugé aussi la CFE-CGC.

LA CFDT, tout comme Force ouvrière, a par ailleurs déjà exclu de participer à un 1er Mai unitaire, comme le souhaite M.Martinez.

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