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Universités bloquées : faut-il recourir à la force ?




Universités bloquées : faut-il recourir à la force ?
Des étudiants manifestent devant le site de Tolbiac (Paris Panthéon-Sorbonne), le 12 avril 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 18 avril 2018 à 07h00

Le président de l'université parisienne Panthéon-Sorbonne, dont le site de Tolbiac est bloqué, dit "attendre désespérément que le centre soit évacué" par les forces de l'ordre. Mais la police a pour l'heure exclu une opération aussi sensible dans cette tour de 22 étages.

Le mouvement de protestation dans les facultés se poursuivait mardi 17 avril.

À la mi-journée, quatre universités étaient toujours bloquées et entre 10 et 12 sites perturbés par des étudiants opposés à la loi réformant l'accès à l'université, selon le ministère de l'Enseignement supérieur.



"VAIS-JE ÊTRE OBLIGÉ DE FAIRE DIRECTEMENT APPEL AU MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR?"

Le site de Tolbiac (Paris Panthéon-Sorbonne), occupé depuis le 26 mars par des étudiants et militants, est devenu l'un des lieux emblématiques de la mobilisation. Qualifiant la situation de "préinsurrectionnelle" et craignant "le pire", le président de l'université parisienne a affirmé "attendre désespérément que le centre soit évacué" par les forces de l'ordre : "Vais-je être obligé de faire directement appel au ministère de l'Intérieur?" Le 11 avril, il avait demandé l'intervention de la police pour faire lever le blocage, notamment après la découverte de cocktails Molotov à Tolbiac. Mais la police a pour l'heure exclu une opération aussi sensible dans cette tour de 22 étages.

Olivier David, le président de l'université de Rennes 2 n'a de son côté pas exclu mardi le recours à la force publique, au lendemain d'un vote qui a reconduit le blocage jusqu'au 30 avril. "Sur le volet politique, j'ai déjà pris contact à plusieurs reprises avec le ministre (...) mais, sur le volet de la sécurité, je suis inquiet de l'évolution des conditions dans les bâtiments occupés, et si l'intervention policière est la seule possible, je serai obligé d'y recourir", a-t-il déclaré.

EXAMENS REPORTÉS

À Nanterre, autre fac emblématique de la contestation d'où était parti le mouvement étudiant en mai 1968, une assemblée générale réunissant entre 1.600 et 1.700 personnes a voté massivement pour une reconduction du blocage jusqu'à jeudi, malgré la tenue de partiels. Les examens organisés mercredi et jeudi devraient donc être reportés, selon la direction de l'université. Ceux de lundi et mardi ont déjà été décalés à une date non fixée pour le moment.

À Montpellier, la plus grande confusion régnait sur le campus de l'université Paul-Valéry, "fermée" depuis samedi par son président Patrick Gilli mais toujours "occupée" par des étudiants. Dans la matinée, le tribunal administratif a examiné la requête de la présidence qui demande en référé l'expulsion des occupants "sans droit ni titre" alors que le préfet de l'Hérault a assuré lundi qu'une intervention policière "se rapproche". Le tribunal doit notifier sa décision au plus tard mercredi.

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