La question du jour:

La France doit-elle frapper en Syrie ?




La France doit-elle frapper en Syrie ?
Les Occidentaux, dont la France, envisage de frapper l'appareil militaire de Bachar al-Assad.

Orange avec AFP, publié le vendredi 13 avril 2018 à 07h00

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France se sont montrés prudents jeudi sur d'éventuelles représailles militaires en Syrie après l'attaque à "l'arme chimique" sur les rebelles occupant Douma, près de Damas, le 7 avril

Le président Emmanuel Macron a relativisé jeudi l'urgence d'une action contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie. "Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace", a-t-il dit sur la chaîne de télévision TF1.

Sur le fond, il est cependant resté ferme dans ses accusations, disant avoir "la preuve" que "des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu'elles ont été utilisées par le régime de Damas".



Jusqu'ici impensable, le risque d'une confrontation militaire entre la Russie et les Etats-Unis n'a jamais semblé aussi élevé depuis la Guerre froide, avec la menace de Donald Trump de bombarder le régime de Damas, soutenu à bout de bras par l'armée russe. Le président américain Donald Trump n'a également pas encore pris sa décision sur d'éventuelles frappes aériennes en Syrie après l'attaque chimique présumée dans l'enclave rebelle de Douma, a indiqué jeudi la Maison Blanche.

Si aucun observateur sérieux ne pense que Washington et Moscou cherchent sciemment l'affrontement direct après l'attaque chimique présumée de Douma, près de Damas, imputée au régime syrien par les Occidentaux, la toile complexe de la guerre civile en Syrie cristallise les intérêts antagonistes de plusieurs puissances mondiales.

"On a le sentiment qu'ils veulent chacun sa petite guerre"

La position d'Emmanuel Macron a été critiquée jeudi soir par Marine Le Pen : "On a l'impression de vivre un monde sans fin" car "on nous a fait le même coup avec l'Irak", a dénoncé la présidente du Front national (FN) jeudi sur BFMTV. "Je regrette que le président ne soit pas prudent", a-t-elle ajouté. "Car si Donald Trump a reconnu qu'il n'avait pas les preuves, je ne vois pas comment le président de la République les aurait". "On a le sentiment qu'ils veulent chacun sa petite guerre", a-t-elle ajouté, en rappelant l'intervention décidée par Nicolas Sarkozy en Libye.



"Qu'il y ait une attaque chimique, ça semble ne pas faire de doute. La question est 'qui est coupable ?'", s'est interrogée Marine Le Pen. "Le vrai danger pour la France, c'est la menace islamiste et nous devons renforcer notre coopération avec ceux qui la combattent", selon elle.

De son côté, le leader de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon a lancé jeudi une mise en garde "contre les engrenages" que pourraient déclencher d'éventuelles frappes occidentales en Syrie. Selon le député, ce serait "une erreur terrible (...) si nous devons laisser le président Macron accrocher le wagon français à la locomotive de Donald Trump et des Nord-Américains".



Et d'ajouter : "Nous n'avons aucune raison de participer à des actions de représailles qui, en définitive, n'ont aucun sens dans le contexte actuel". "Je mets en garde: une bataille en Syrie pourrait nous conduire beaucoup plus loin que le point où nous voudrions aller (...) Sur place, les armées et les lignes de front sont totalement emmêlées", a averti Jean-Luc Mélenchon.

"Bien évidemment, personne ne peut croire que les Russes, qui ont un accord de défense avec le gouvernement syrien et une base en Syrie, resteraient inertes", a-t-il insisté, tout en demandant à Emmanuel Macron de "présenter" les preuves qu'il dit avoir sur les armes chimiques possiblement utilisées par le pouvoir syrien.

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