La question du jour:

Marche blanche : Le Pen et Mélenchon auraient-ils dû y renoncer ?




Marche blanche : Le Pen et Mélenchon auraient-ils dû y renoncer ?
Marine Le Pen à la marche blanche en hommage à Mireille Knoll, le 28 mars 2018, à Paris.

Orange avec AFP, publié le jeudi 29 mars 2018 à 07h00

Décrétés indésirables par le Crif mais finalement présents, la patronne du FN et le leader Insoumis ont chacun de leur côté, sous les huées, été contraints de quitter la marche blanche mercredi en mémoire de Mireille Knoll, une octogénaire juive tuée la semaine dernière à Paris.

Des milliers de personnes, dont de nombreux politiques, ont défilé mercredi soir 28 mars en mémoire de l'octogénaire juive tuée à Paris. Un moment de recueillement terni par des incidents liés à la venue de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Leur venue à cette marche blanche n'avait pas été souhaitée par le Conseil représentatif des institutions juives de France, son président Francis Kalifat jugeant les antisémites "surreprésentés" dans les rangs de "l'extrême-gauche et de l'extrême-droite".

Le leader de la France Insoumise et la présidente du Front national avaient néanmoins annoncé leur présence mercredi matin après l'appel à l'unité d'un des fils de la victime, Daniel Knoll. Mais cela n'a pas suffit à raisonner la foule.

Jean-Luc Mélenchon et d'autres élus de La France Insoumise qui l'accompagnaient, notamment Alexis Corbière, Éric Coquerel, Clémentine Autain, Adrien Quatennens, ont été contraints de gagner une rue adjacente du parcours emprunté par les manifestants après avoir été invectivés, notamment aux cris de "Insoumis, dehors", par des personnes présentes dans le cortège. "Le sujet de la manifestation, c'est pas moi. C'est cette femme assassinée par des violents et des barbares et la nécessité de montrer que toute la communauté nationale serre des rangs". "Le reste, c'est vraiment un épiphénomène", a déclaré le député des Bouches-du-Rhône à la presse. "Que chaque juif sache qu'il est sous la protection de la communauté nationale, voilà ce qui est important", a-t-il insisté.



Arrivée peu après, la présidente du Front national a également été contrainte de quitter le cortège sous les invectives. La présidente et les élus du Front national ont ensuite rejoint la manifestation, mais à bonne distance du cortège, entourés par des forces de l'ordre et par leurs propres services. "Ça fait des années que nous dénonçons et luttons contre l'antisémitisme islamiste. Nous avons donc particulièrement notre place ici". "Le Crif ne représente que lui-même", avait déclaré Marine Le Pen à la presse lors de son arrivée.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.