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Faut-il augmenter le salaire de certains fonctionnaires ?




Faut-il augmenter le salaire de certains fonctionnaires ?
Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, le 21 mars 2018.

Orange avec AFP, publié le samedi 24 mars 2018 à 07h00

Le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, souhaite une revalorisation de la rémunération des fonctionnaires les plus "mal payés", "mais pas pour tout le monde", a-t-il annoncé vendredi sur Europe 1 au lendemain d'une journée de mobilisation des agents publics.

Le gouvernement entend "faire du rattrapage sur des métiers" comme celui d'"infirmière" ou "un certain nombre de métiers de catégorie C" - la plus basse -, a détaillé le ministre, au lendemain d'une journée de grève et manifestations qui a vu des centaines de milliers de fonctionnaires défiler dans la rue, essentiellement pour leur pouvoir d'achat. Ce rattrapage ne concernera pas "tout le monde, parce qu'il y a des agents dans la fonction publique qui sont payés correctement, et d'autres qui sont effectivement mal payés", a précisé Gérald Darmanin.



Il a ainsi réaffirmé que le point d'indice, qui sert au calcul de la rémunération des fonctionnaires des trois versants de la fonction publique (Etat, territoriale et hospitalière), resterait gelé.

L'augmentation du point d'indice coûte "deux milliards" d'euros, pour "quelques euros sur la feuille de paie de ceux qui sont mal payés dans la fonction publique", a-t-il justifié. Ce sujet "pourra être évoqué à l'occasion du prochain rendez-vous salarial", initialement prévu à l'automne et avancé à la mi-juin à la demande des organisations syndicales, précise-t-on à Bercy.

Certains métiers qui ont décroché par rapport au secteur privé

Le ministre souhaite agir "pour certains métiers", ayant "décroché" soit "par rapport au secteur privé", soit "parce que les rémunérations sont faibles au regard de la difficulté des missions qui sont exercées", explique-t-on de même source. Mais cette formule risque d'avoir du mal à passer auprès de certains syndicats, qui réclament de longue date le dégel du point d'indice.

"Ca ne peut pas être pour nous la réponse à ce qui nous semble être nos légitimes exigences en matière salariale et de pouvoir d'achat", a réagi Jean-Marc Canon pour la CGT (1er syndicat), pour qui une telle mesure ne peut être prise "en faisant l'impasse sur les augmentations générales".

Le syndicaliste dénonce une "politique d'opposition des salariés entre eux". "On va faire en sorte que des salariés s'érigent comme étant les plus mal payés", a-t-il dit à l'AFP, craignant "des choix absolument injustes" envers certains salariés. Par ailleurs, l'exécutif souhaite également accroître la part du salaire "au mérite" des agents, a rappelé Gérald Darmanin. Ce chantier sera abordé lors de la concertation qui doit s'ouvrir la semaine prochaine entre le gouvernement et les syndicats.

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