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SNCF : soutenez-vous la mobilisation ?




SNCF : soutenez-vous la mobilisation ?
Les syndicats de la SNCF appellent à la mobilisation contre le projet de réforme du gouvernement, qui prévoit notamment la fin des recrutements au statut de cheminot.
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Orange avec AFP, publié le jeudi 22 mars 2018 à 07h00

Prélude à la grève perlée (deux jours sur cinq) attendue du 3 avril au 28 juin, les voyageurs de la SNCF vont être confrontés à une première journée de perturbations ce jeudi 22 mars sur le réseau ferroviaire.

Une première journée de manifestations est en effet organisée par les cheminots, opposés au projet de réforme du gouvernement. La mobilisation, accompagnée d'un appel à la grève de certains syndicats, va se traduire par la circulation de 40% des TGV, 25% des Intercités et 50% des TER, tandis que 30% des trains d'Île-de-France rouleront, a annoncé mercredi le patron de la SNCF, Guillaume Pepy.

Ce dernier a précisé que la grève commencerait à se traduire dans les faits dès mercredi 19h et jusqu'à vendredi matin 8h.



"On va tout faire pour accompagner nos voyageurs, on va fermer les sièges de l'entreprise en région et au plan national pour que le maximum possible de personnels soient aux côtés des voyageurs", a promis Guillaume Pepy au micro de RTL. Les syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD, CFDT) organisent jeudi une "manifestation nationale" à Paris contre la réforme du ferroviaire. Ces derniers s'attendent à un cortège d'au moins 25.000 personnes à Paris. "La CGT a appelé à manifester mais d'autres syndicats de la SNCF ont appelé eux à la grève", a rappelé Guillaume Pepy.

Un mouvement ingérable ?

La ministre des Transports Elisabeth Borne a estimé sur RMC qu'il fallait s'attendre à "des perturbations importantes". Dans le détail, la compagnie prévoit un TGV sur deux sur les axes Est, Atlantique et Sud-Est, deux TGV sur cinq sur l'axe Nord, deux sur trois en "intersecteurs" ainsi que pour les trains low-cost "Ouigo".

Le ton est monté mercredi entre la direction de la SNCF et la CGT : en cause, un long courrier électronique, révélé par Le Parisien et consulté par l'AFP, attribué au secrétaire général d'une section parisienne de la CGT-Cheminots. Le texte se réjouit du mode d'action choisi - grève deux jours sur cinq du 3 avril au 28 juin pour contrer la réforme de la SNCF - qui "permet de désorganiser fortement le plan de transport et les travaux".

L'auteur du texte prédit un mouvement "IN-GE-RABLE" pour les dirigeants du groupe public et le gouvernement : "Les agents ne seront pas au bon endroit, les rames perdues au milieu de nulle part, etc." "La désorganisation du travail devra se faire également sur les jours ouvrés, mais je ne vous en dis pas plus sur ce mail je pense que vous avez compris où l'on veut en venir...", ajoute l'auteur, ce qui a fait bondir le patron de la SNCF.



Guillaume Pepy s'est dit "extrêmement choqué", d'autant que l'insinuation, selon lui, "laisse place à toutes les interprétations" : "Est-ce que ça veut dire dégradation des installations, est-ce que ça veut dire vrai-faux acte de malveillance?" Comme "ce texte est signé par pas moins que par le patron de cette organisation (la CGT, ndlr) de la Gare de Lyon, ce n'est pas anecdotique", a-t-il observé face à des journalistes, dénonçant "une sorte de menace".

La CGT avait répliqué dans la matinée en accusant, par la voix de son porte-parole Cédric Robert, la direction de la SNCF de "fouiller dans les poubelles de Facebook pour trouver des arguments visant à discréditer le mouvement des cheminots".

L'arrêt du recrutement au statut de cheminot dans le viseur des syndicats

Le projet de réforme du gouvernement vise notamment à "modifier les missions, l'organisation, la gouvernance et la forme juridique" de la SNCF, sans toutefois remettre en question son "caractère public". Au grand dam des syndicats, le gouvernement entend en particulier "modifier le cadre de la négociation sociale d'entreprise, ainsi que les conditions de recrutement et de gestion des emplois des salariés du groupe public ferroviaire". L'exposé des motifs évoque directement le point ultra-sensible de "l'arrêt des recrutements au statut (de cheminot) des nouveaux agents".

Le gouvernement veut réformer la SNCF en profondeur avant l'été. Le Premier ministre Édouard Philippe a assuré mardi qu'il n'était "pas dans une logique de bras de fer" dans les discussions et estimé que "le premier sujet" n'était pas la question de la dette mais celle de la qualité de service. En Conseil des ministres mercredi, Emmanuel Macron a demandé "de poursuivre la pédagogie", a rapporté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, affichant "une attitude d'écoute mais aussi une très grande détermination à poursuivre les réformes".

Le cortège des cheminots vient s'ajouter à la mobilisation des syndicats de fonctionnaires (hôpitaux, enseignants, contrôleurs aériens...), qui défileront séparément contre la réforme de la fonction publique. Au total, plus de 140 manifestations de fonctionnaires sont annoncées en France.

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