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Les retraités sont-ils des nantis ?




Les retraités sont-ils des nantis ?
Des retraités manifestent à Strasbourg, le 15 mars 2018.
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Orange avec AFP, publié le vendredi 16 mars 2018 à 07h00

Les seniors et ceux qui s'en occupent haussent le ton: écœurés de passer "pour des nantis", des dizaines de milliers de retraités se sont mobilisés partout en France jeudi 15 mars pour défendre leur pouvoir d'achat, souvent rejoints par les professionnels de l'aide aux personnes âgées, appelés à la grève pour réclamer plus de moyens humains.


"Ni privilégiés ni assistés", entre 39 000 et 68 000 retraités, selon un décompte effectué par l'AFP à partir des chiffres de la police et des syndicats dans une trentaine de villes, ont battu le pavé pour dire non à la "baisse de leurs pensions", accompagnés dans de nombreux cas de salariés des maisons de retraite.

"Comment un gouvernement peut-il ignorer un quart de ses citoyens ?", s'est interrogé Olivier Joucher (CGT) lors d'un point presse de l'intersyndicale (UCR-CGT, UCR-FO, UNAR-CFTC, UNIR CFE-CGC, FSU-Retraités, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA) organisé en amont. En ligne de mire, la hausse de 1,7 point de la CSG pour 60% de retraités, destinée à compenser la suppression des cotisations chômage et maladie du privé et qui avait déjà fortement mobilisé en septembre.

A Nice, peu habituée aux grands cortèges, un millier de personnes, selon la police, ont bravé une météo exécrable, brandissant des pancartes "Macron t'es foutu, les vieux cons sont dans la rue". A Marseille, un carton proclamait: "Paradis pour les uns, pas un radis pour les autres". "On est ponctionné assez durement" après des années à cotiser, s'est insurgé à Lille Fabrice Danon, 65 ans, retraité de l'enseignement, privé de "400 euros par an".

Emmanuel Macron a redit mercredi qu'il "assumait" ses réformes et a demandé "un effort pour aider les jeunes actifs". "Il y en a qui râlent et qui ne veulent pas comprendre, c'est la France", a-t-il remarqué.

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