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Sécurité, immigration : comprenez-vous la colère des Mahorais ?




Sécurité, immigration : comprenez-vous la colère des Mahorais ?
Des manifestants à Mamoudzou, à Mayotte, le 13 mars 2018.

Orange avec AFP, publié le jeudi 15 mars 2018 à 07h00

La visite de la ministre des Outre-mer n'aura pas suffi à régler la crise. Alors qu'Annick Girardin à quitté Mayotte mercredi 14 mars, les organisateurs du mouvement social qui touche l'île ont annoncé le maintien des barrages routiers et de la grève générale.

Alors qu'une délégation des organisateurs du mouvement avait annoncé mardi soir qu'ils demanderaient mercredi à la population la levée des barrages, l'ensemble des membres du collectif et de l'intersyndicale, réunis mercredi avec des représentants de chaque barrage, ont finalement décidé de poursuivre le mouvement, estimant que "des points manquaient" dans l'accord de principe trouvé avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin, notamment en matière de sécurité.

DES AVANCÉES RÉELLES

Au bout de cinq heures de négociations mardi soir avec la ministre, l'un des porte-parole du mouvement social, Fatihou Ibrahime, avait salué "des avancées réelles". "Le plan de lutte contre l'insécurité est acté", s'était-il réjoui. Parmi 15 mesures réclamées par le collectif et selon lui acceptées par le gouvernement: la lutte contre les attestations d'hébergement et de paternité de complaisance, la mise en place de navires supplémentaires contre l'immigration clandestine, la reconnaissance des associations luttant contre l'insécurité, la lutte contre l'habitat clandestin et le démantèlement des bandes, sources d'insécurité.

Avant ces négociations, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté à Mamoudzou mardi contre l'insécurité et l'immigration clandestine en provenance des Comores, à 70 km de là, mais aussi pour réclamer davantage d'actions de l'État. Entre 200 à 300 manifestants avaient dans le même temps investi le conseil départemental pour dénoncer la "trahison" de certains élus qui avaient accepté la veille de discuter avec la ministre.

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