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Guerre en Syrie : êtes-vous d'accord avec François Hollande ?




Guerre en Syrie : êtes-vous d'accord avec François Hollande ?
François Hollande, le 28 novembre 2017 à Paris.

Orange avec AFP, publié le mardi 13 mars 2018 à 07h00

Dans une interview accordée au journal Le Monde, François Hollande estime que l'Otan et les pays européens doivent faire davantage pression sur la Russie et la Turquie pour obtenir l'arrêt des offensives dans la Ghouta orientale et l'enclave kurde d'Afrine en Syrie. Emmanuel Macron lui a répondu en critiquant ceux qui "donnent des leçons".

Ce n'est pas la première fois que François Hollande sort de sa réserve et s'autorise un commentaire ou une critique sur l'action de son successeur.

Mais c'est la première fois que l'ex-président socialiste le fait au sujet de questions internationales. "On doit parler à Vladimir Poutine (...) Mais ce n'est pas une raison pour laisser la Russie avancer ses pions sans réagir", explique-t-il dans cet entretien accordé au journal du soir. "La position de Donald Trump n'est ni claire ni prévisible, c'est donc à la France, à l'Europe, à l'Otan de se mettre en mouvement".



"C'est la Russie qui est la puissance principale (en Syrie, ndlr) et le risque est sérieux d'une escalade si aucune limite ne lui est fixée", poursuit l'ancien chef de l'État, qui était en fonction au début du conflit syrien en 2011. "La Russie se réarme depuis plusieurs années, et si elle est menaçante, elle doit être menacée", poursuit-il.

"LES PUISSANCES DÉMOCRATIQUES DOIVENT PRENDRE CONSCIENCE DE LEUR RESPONSABILITÉ"

Selon lui, les Occidentaux peuvent faire pression sur "les sanctions, les règles commerciales, la question du pétrole et du gaz". "Je ne veux pas compliquer un jeu qui l'est déjà beaucoup. Mais je pense que les puissances démocratiques - j'insiste sur ce mot, démocratique - doivent prendre conscience de leur responsabilité, de ce que peuvent être leur influence et leur rôle", insiste-t-il.

Emmanuel Macron a répondu à François Hollande depuis l'Inde : "La France a depuis le mois de mai dernier une politique constante et cohérente, sans connivence mais en cherchant à être efficace, donc en restaurant un dialogue", a déclaré le président. "Ces dernières années en Syrie, est-ce que l'absence de dialogue complet avec la Russie a permis d'avancer davantage ? Dois-je vous rappeler Alep ? Je n'ai pas l'impression que l'absence de dialogue a permis d'avancer", a-t-il ajouté.

"Il faut être clair : la France n'interviendra pas militairement sur le sol en Syrie. Je vous le dis très fermement. Et je crois que certaines personnes qui donnent des leçons ont elles-mêmes décidé la même chose", a-t-il encore ajouté.



Dans son interview au Monde, François Hollande dénonce également l'opération de la Turquie, pays membre de l'Otan, contre les Kurdes syriens, qui ont été alliés des États-Unis et des Européens dans le combat contre le groupe État islamique (EI) en Syrie, et critique un certain laisser-faire des Occidentaux face à Ankara. "Si j'ai soutenu les Kurdes dans le cadre de la coalition (internationale sous commandement américain, ndlr), ce n'est pas pour les laisser dans la situation où ils sont", assène-t-il.

"Si j'ai été aussi dur sur le régime de Bachar Al-Assad, et je l'ai été avec constance, ce n'est pas pour le laisser liquider son opposition et massacrer son peuple", ajoute-t-il. "Il n'est pas possible de célébrer la libération d'une partie de la Syrie et de laisser mourir des populations entières dont on sait qu'elles ont joué un rôle déterminant pour arriver à ce résultat".



À la différence de son prédécesseur, Emmanuel Macron ne fait plus du départ de Bachar al-Assad un préalable à la recherche d'une solution politique en Syrie. Dans la Ghouta orientale, où le régime de Damas, allié de Moscou, poursuit une offensive depuis le 18 février, comme à Afrine, François Hollande plaide pour l'instauration de zones d'exclusion aérienne afin de faire cesser des bombardements sur hôpitaux et civils, en notant que les "lignes rouges ne peuvent concerner les seules armes chimiques".

La partie rebelle de la Ghouta orientale subit un siège depuis 2013, ayant rendu quasiment impossible l'accès à la nourriture et aux médicaments pour ses quelque 400.000 habitants. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 1.144 personnes sont mortes dans les combats, dont 240 enfants. Ces victimes viennent s'ajouter à l'effroyable bilan humain de la guerre en Syrie, déclenchée il y a bientôt sept ans et qui a désormais fait plus de 350.000 morts, d'après l'ONG.

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