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Loi asile et immigration : le texte vous satisfait-il ?




Loi asile et immigration : le texte vous satisfait-il ?
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb le 21 février 2018 en conférence de presse à Paris.

Orange avec AFP, publié le jeudi 22 février 2018 à 07h00

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a défendu son projet de loi sur l'asile et l'immigration présenté mercredi en conseil des ministres, un texte très critiqué par les associations et qui fait des vagues jusque dans la majorité pour sa logique de fermeté. Il s'agit d'un texte "totalement équilibré" qui "s'aligne sur le droit européen", a pourtant défendu le ministre de l'Intérieur.

Le "projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif" vise à réduire à six mois les délais d'instruction de la demande d'asile et à faciliter la reconduite à la frontière pour les déboutés, tout en lançant quelques pistes pour améliorer le séjour des personnes vulnérables.

Mais c'est surtout la "fermeté" affichée dans le projet de loi Collomb qui a focalisé l'attention ces dernières semaines. L'une des mesures-phares, visant à faciliter les expulsions, est le doublement de la durée maximale de rétention à 90 jours (voire 135 en cas d'obstruction), pour rapprocher la France de la moyenne européenne.

Trop ferme pour les uns, trop laxiste pour les autres

D'autres points sont dénoncés, notamment la réduction d'un mois à quinze jours du délai de recours pour les déboutés du droit d'asile, ou le fait que certains d'entre eux pourraient être expulsés avant même le résultat de leur appel. "Neuf autres Etats membres (de l'UE) ont cette pratique", a fait valoir Gérard Collomb. La Contrôleure des prisons, Adeline Hazan, a dit ses "vives inquiétudes pour les droits fondamentaux des personnes étrangères". Avant elle, la Ligue des droits de l'Homme avait dénoncé une "volonté de dissuasion" et "de tri" et France terre d'asile un texte "profondément déséquilibré".




Plusieurs acteurs de l'asile se sont, eux, mis en grève, à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) mais aussi à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Un rassemblement contre le projet de loi a réuni mercredi plusieurs centaines de personnes devant le Conseil d'Etat aux cris d'"Asile en péril" ou "Collomb Collomb, en rétention". Ce texte "ne sert qu'à faire de la politique" sur les sujets migratoires, a déploré Stéphane Le Foll, l'un des candidats à la tête du PS.

A l'inverse, les Républicains (LR) estiment que texte "ne répond en rien à l'ampleur et à la gravité des défis migratoires", et ils ont produit mercredi cinq contre-propositions, notamment sur l'extension de la rétention administrative. Le porte-parole des députés FN, Sébastien Chenu, a dénoncé une "imposture" organisant "la subversion migratoire".

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