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Faut-il réformer la SNCF ?




Faut-il réformer la SNCF ?
Un employé de la SNCF attend le départ d'un train, Gare de l'Est à Paris.
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Orange avec AFP, publié le vendredi 16 février 2018 à 07h00

Va-t-on vers une remise en cause des statuts de la SNCF et des cheminots? C'est le sens d'un rapport décapant remis jeudi 15 février au Premier ministre. Il préconise de profondes réformes de la SNCF, en particulier une transformation en société anonyme et la fin du statut de cheminot à l'embauche.

Ce document de 127 pages rédigé par l'ancien président d'Air France Jean-Cyril Spinetta, "démontre sans ambiguïté la nécessité et l'urgence d'engager sans tarder une refondation de notre système ferroviaire", a jugé Matignon dans un communiqué, saluant le rapport comme "un diagnostic complet et lucide".

Plan de départs volontaires

S'attaquant au statut des cheminots, un sujet potentiellement explosif, Jean-Cyril Spinetta suggère que les nouveaux embauchés à la SNCF n'en bénéficient plus, à l'exemple de ce qui a déjà été fait pour La Poste et Orange.

Il estime également que la SNCF devrait pouvoir "recourir pendant deux ans à la procédure des plans de départs volontaires", pour mettre fin aux "excédents d'effectifs qu'elle gère tant bien que mal" à la suite de changements d'activité et d'actions de modernisation. Et en cas de passage de l'exploitation de lignes à la concurrence, ce qui devrait être possible pour les TER dès la fin 2019, une loi devra prévoir "le transfert obligatoire" des personnels, estime l'auteur du rapport.

Les trois principaux syndicats ont immédiatement dénoncé "une attaque" contre le service public ferroviaire et le statut des cheminots. "Ce rapport vient confirmer la politique anti-ferroviaire du gouvernement et de la direction SNCF", alors que "d'autres choix sont possibles et nécessaires, selon la CGT, premier syndicat du groupe. CGT, Unsa et Sud-Rail espèrent tous trois que ce rapport sera rapidement enterré. "Le système entier du transport ferroviaire est mis en danger", avec "l'abandon du système ferroviaire public" par l'Etat et "une mise à mort du fret ferroviaire", a estimé Erik Meyer, porte-parole de Sud-Rail.

Une situation "préoccupante"

Les 43 propositions formulées par Jean-Cyril Spinetta "doivent désormais faire l'objet d'un examen approfondi par le gouvernement et d'un dialogue avec l'ensemble des acteurs concernés", lequel commencera dès la semaine prochaine, ont annoncé les services d'Edouard Philippe. Jean-Cyril Spinetta estime dans son rapport que "la situation du transport ferroviaire est préoccupante" et que ses "performances ne sont pas satisfaisantes, en termes de régularité, de gestion des crises, d'information aux voyageurs, de sécurité".

Une référence aux problèmes techniques qui ont paralysé une partie du réseau ferroviaire français en 2017 et créé d'importantes perturbations pour les voyageurs. L'ancien patron d'Air France estime qu'il faut "recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence", c'est-à-dire les transports du quotidien autour des agglomérations et les dessertes TGV entre les principales métropoles françaises.

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