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Aéroports : les contrôles à l'embarquement doivent-ils être obligatoires ?




Aéroports : les contrôles à l'embarquement doivent-ils être obligatoires ?
Des avions d'Air France, le 2 décembre 2016 à Roissy.

Orange avec AFP, publié le mercredi 24 janvier 2018 à 07h00

Est-il sérieux de ne plus vérifier l'identité des passagers à l'embarquement d'un vol ? Pour Air France, la réponse est oui. La compagnie et ses filiales ne le font plus depuis lundi 22 janvier, provoquant l'inquiétude des syndicats de pilotes.

Le marie de Nice, Christian Estrosi s'est même emparé de la question.

"Navette Air France de 6h30 entre Paris et Nice : plus de contrôle d'identité. Inacceptable. Je demande le rétablissement pour toutes les compagnies", a tweeté l'ancien secrétaire d'État. La mesure concerne les vols en France et à l'intérieur de l'espace Schengen des compagnies Air France, Hop! et Transavia, a expliqué Europe 1. Mais, pour le directeur de la sûreté aérienne d'Air France, Gilles Leclair, ces contrôles sont devenus inutiles depuis la levée de l'état d'urgence, le 1er novembre dernier. "D'abord, il ne s'agit pas d'un contrôle d'identité", a-t-il expliqué sur Europe 1. Il s'agit simplement de vérifier la concordance entre le nom indiqué sur la carte d'embarquement et celui sur la carte d'identité. "La deuxième chose, c'est que les personnes qui se présentent à la porte d'embarquement sont censées être sécurisées, puisqu'elles sont passées à l'inspection-filtrage et qu'elles ont subi les contrôles habituels", a-t-il encore dit.


Cependant, du côté des pilotes, c'est l'inquiétude. "Au moindre souci, on ne pourra pas identifier le passager qui aura utilisé un billet, a déploré le président du syndicat des pilotes d'Air France (SPAF). Avec cette mesure, vous pouvez avoir un passager dans l'avion qui vient pour essayer de commettre un acte de malveillance. Heureusement, les bagages sont filtrés, mais globalement, vous pouvez très bien avoir un passager dans l'avion qui a fait acheter son billet par quelqu'un d'autre pour de mauvaises raisons". Il pourrait par exemple s'agir d'un jihadiste qui fuirait le territoire. "Il suffit qu'il échange son billet avec quelqu'un d'autre, et vous ne pourrez pas le repérer et savoir où il est allé", a indiqué le syndicaliste.

Sur son site, Aéroports de Paris indique que ce contrôle n'est pas obligatoire, mais que les compagnies sont invitées à le réaliser, rapporte Europe 1.

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