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Prisons : comprenez-vous la colère du personnel pénitentiaire ?




Prisons : comprenez-vous la colère du personnel pénitentiaire ?
Blocage devant la prison de Vendin-le-Vieil le 16 janvier 2018.

Orange avec AFP, publié le dimanche 21 janvier 2018 à 07h00

Après une semaine de tensions dans les prisons après une succession d'agressions de gardiens, le mouvement de blocage des établissements s'est ralenti samedi 20 janvier mais risque de reprendre de plus belle lundi alors que se profile un rejet du projet d'accord proposé par le ministère sur la sécurité et l'emploi.

La CGT-Pénitentiaire (minoritaire) a annoncé dans un communiqué qu'elle "ne signera pas" le texte proposé par le ministère. Elle appelle ses militants "à continuer les actions entreprises depuis le début de la semaine et réaffirme dès à présent son appel à un blocage total de l'ensemble des établissements dès lundi 22 janvier".

Le syndicat évoque des propositions "bien en deçà des attentes des collègues mobilisés, notamment en terme de reconnaissance et d'attractivité de (ses) missions de service public (indemnité et statut) et de l'insuffisance de création de postes proposés".

Ce projet d'accord, négocié entre le gouvernement et une plateforme syndicale regroupant l'Ufap-Unsa Justice (majoritaire avec plus de 40%) et la CGT (environ 15%), prévoit notamment la création de 1.100 emplois de surveillants sur quatre ans, "dont une première tranche de 100 emplois dès 2018". Le texte prévoit aussi des mesures pour améliorer la sécurité des gardiens et un régime de détention défini pour les "détenus terroristes et radicalisés", permettant une "étanchéité totale de la gestion des détenus les plus dangereux".

Jointe par l'AFP, l'Ufap-Unsa n'avait samedi en fin d'après-midi pas encore reçu l'ensemble des réactions de sa base et n'était "pas encore en mesure de communiquer". Toutefois, selon une source à l'Ufap-Unsa, "les premières remontées sont négatives et il est très peu probable que le syndicat signe ce texte".

De son côté, FO-Pénitentiaire (environ 30%), qui fait cavalier seul depuis le début des actions lancées après l'agression de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier, a appelé à durcir le ton. Le syndicat appelle non seulement à des débrayages mais aussi à des "dépôts de clés", geste qui consiste pour les surveillants à ne pas prendre leur travail et à laisser, le cas échéant, les forces de l'ordre prendre le relais.

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