La question du jour:

PS : un nouveau dirigeant peut-il relancer le parti ?




PS : un nouveau dirigeant peut-il relancer le parti ?
Le logo du PS sur la façade de l'ancien QG, rue de Solférino à Paris, le 18 décembre 2017.

Orange avec AFP, publié le vendredi 19 janvier 2018 à 07h00

POLITIQUE. Depuis quelques jours, les candidatures à la tête du PS se multiplient.



Après la gifle de la présidentielle et des législatives, le Parti socialiste saura-t-il se relever ? Si certains ont d'ores et déjà jeté l'éponge, le candidat malheureux à la présidentielle Benoît Hamon ayant notamment décidé de claquer la porte et de lancer son mouvement Génération.s, d'autres s'accrochent et sont déjà tournés vers l'avenir avec l'élection prochaine d'un nouveau premier secrétaire. Les élections se tiendront les 15 et 29 mars, et le Congrès les 7 et 8 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Les candidats ont jusqu'au 27 janvier pour se déclarer, et depuis quelques jours, les annonces se multiplient.

Le conseiller régional Julien Dray a ouvert la journée jeudi 18 janvier en semblant ajouter sa candidature à celles de Luc Carvounas, Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Emmanuel Maurel et Delphine Batho. Fausse alerte : "je cherche à construire une solution collective qui rassemble et il y a encore le temps de le faire", a rectifié l'ancien député de l'Essonne sur Facebook.

Autre candidature qui n'ira peut-être pas au bout : celle de l'ancienne ministre de l'Écologie Delphine Batho. La députée des Deux-Sèvres est lancée depuis lundi dans une croisade contre les nouvelles modalités d'organisation du Congrès, pourtant approuvées par le Conseil national du PS en décembre, et soumises au vote des militants jeudi soir. Il y a une "petite mafia" qui a "confisqué la direction du parti socialiste" pour "mettre fin à la démocratie interne au Parti socialiste" en instaurant une "règle nouvelle qui est (...) que ceux qui dirigent déjà doivent diriger demain", a-t-elle tonné sur LCP. À moins d'un improbable vote négatif des militants, ces règles devraient néanmoins s'appliquer, la justice, saisie par un militant PS, n'ayant rien trouvé à y redire. Dès lors, il n'est pas certain que Mme Batho puisse réunir les parrainages nécessaires à une candidature, 16 membres du Conseil national. "Aller chercher des parrains quand on a dit que le PS était une mafia, ce serait paradoxal", ironise un responsable du PS.

FAURE BIEN PARTI POUR TIRER SON ÉPINGLE DU JEU

Dans ce contexte, les principaux candidats continuaient jeudi d'avancer leurs pions. Le président du groupe PS à l'Assemblée Olivier Faure a enregistré un soutien de poids, celui de la maire de Lille Martine Aubry, dont il fut le conseiller au ministère de l'Emploi à la fin des années 1990. "Je suis convaincue de ses convictions (...) Il refuse les accords entre les uns et les autres (...) Il souhaite remettre le parti au travail", a dit l'ancienne première secrétaire lors de ses vœux à la presse. M. Faure devrait aussi obtenir le soutien d'une bonne partie de l'ancienne majorité du PS, après que celle-ci a fait le deuil d'une candidature unique issue de ses rangs.

"La quasi-totalité du pôle social-démocrate va basculer chez Olivier Faure", prédit l'ancien député vallsiste Philippe Doucet. "Stéphane Le Foll peut ressentir cela comme injuste. Mais il apparaît comme trop collé à l'histoire du quinquennat alors qu'on veut attaquer une nouvelle étape", explique-t-il à l'AFP. Autre tort de M. Le Foll : avoir fait cavalier seul, quand M. Faure venait défendre sa candidature devant la majorité. "Stéphane Le Foll n'a assisté à aucune réunion de la majorité depuis septembre. On l'a regretté".

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