La question du jour:

Calais : l'État doit-il prendre en charge les repas des migrants ?




Calais : l'État doit-il prendre en charge les repas des migrants ?
Emmanuel Macron, le mardi 16 janvier dans un centre d'accueil pour migrants à Croisilles (Pas-de-Calais).

Orange avec AFP, publié le mercredi 17 janvier 2018 à 07h00

Agacé par les critiques d'intellectuels et d'associations, Emmanuel Macron a vigoureusement défendu mardi à Calais sa politique migratoire qui veut conjuguer le "devoir d'humanité" et l'"ordre républicain". Le chef de l'État a annoncé que l'État allait "prendre en charge" la distribution de repas aux migrants de Calais, un service fourni aujourd'hui par les associations

"Il y a un service que nous n'apportons pas encore.

C'est l'accès à la nourriture et aux repas, qui est assuré aujourd'hui par les associations. Je vais vous le dire très clairement, nous allons le prendre à notre charge, de manière organisée, avec des points mobiles, sans tolérer aucune installation de campements illicites", a déclaré le président dans son discours devant les forces de sécurité à Calais.

Cette prise en charge se fera "en incitant tous ceux qui sont prêts à financer cette prestation (...) dans le cadre organisé par l'État et avec l'État", a poursuivi Emmanuel Macron, sans donner plus de détails sur l'organisation de ces distributions. Elles sont aujourd'hui principalement assurées par quatre associations : l'Auberge des migrants, Utopia 56, RCK (Refugee community kitchen) et Salam. L'Auberge des migrants affirme ainsi distribuer des repas à 1.000 migrants (à Calais, mais aussi à Grande-Synthe, dans le Nord), deux fois par jour, à midi et 17h, à cinq endroits différents à Calais.

"Si l'État décide d'assurer la distribution, nous ne ferons rien pour l'en empêcher. Ce que l'on fait ici, c'est d'ailleurs tout ce que l'État ne fait pas... Et si l'objectif est de nous écarter, il faudra que l'État fasse encore beaucoup plus, car il y a bien d'autres choses que nous faisons, comme la distribution de vêtements, de couvertures, de bois de chauffage ou d'aide aux mineurs isolés", a réagi auprès de l'AFP François Guennoc, porte-parole de l'Auberge des migrants, reconnaissant qu'il y avait "beaucoup de pression sur les associations".

Dans son discours, Emmanuel Macron a affirmé que les associations qui "encouragent ces femmes et ces hommes à rester, à s'installer dans l'illégalité, voire à passer" en Grande-Bretagne "prennent une responsabilité immense" et "jamais elles n'auront l'État à leurs côtés".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.