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SNCF : Guillaume Pepy doit-il être démis de ses fonctions ?




SNCF : Guillaume Pepy doit-il être démis de ses fonctions ?
Le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, le 6 décembre 2017 à Paris.

Orange avec AFP, publié le mardi 09 janvier 2018 à 07h00

La ministre des Transports Elisabeth Borne a demandé lundi à la SNCF de procéder à un audit de ses grandes gares et de proposer des correctifs, après les nombreux incidents qui ont provoqué la colère de dizaines de milliers de passagers ces derniers mois.

La ministre avait convoqué le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, et le responsable du réseau, Patrick Jeantet, pour une "réunion de travail" afin de tirer les leçons, notamment, de la succession de pannes dans les gares parisiennes de Montparnasse et Saint-Lazare en décembre. Fin juillet déjà, une défaillance de la signalisation avait paralysé Montparnasse pendant trois jours, en plein chassé-croisé estival.

SNCF Réseau est ainsi prié de fournir "un diagnostic complet sur l'ensemble des systèmes d'alimentation électrique, de signalisation, et sur les postes informatiques de toutes les grandes gares parisiennes (...) ainsi que sur les principales gares en région", a précisé le ministère dans un communiqué.

"L'objectif est ainsi de mieux anticiper les points de fragilité du réseau, et de mobiliser les investissements nécessaires pour y remédier, en tenant compte des travaux d'ores et déjà prévus dans les quinze prochaines années en Ile-de-France et en région", a-t-il ajouté. Cet audit devra être finalisé d'ici à la fin mars, et des "propositions d'actions, notamment sur les investissements prioritaires dans ces grandes gares, proposées pour fin avril 2018".

La plupart des incidents récents sont la conséquence d'une grande vague de travaux en cours sur le réseau classique, après des décennies de sous-investissements quand la SNCF --et les gouvernements successifs derrière elle-- n'avait d'yeux que pour le TGV.

Le bug informatique qui a paralysé Montparnasse début décembre a par exemple été provoqué par la manipulation malencontreuse d'un logiciel datant des années 1980, alors qu'il s'agissait d'augmenter le nombre de trains susceptibles d'entrer en gare.

Guillaume Pepy s'est imposé depuis dix ans à la tête de la SNCF au point d'en incarner le meilleur comme le pire, concentrant les critiques lorsque le système ferroviaire qu'il a contribué à façonner déraille. Les défis n'ont pas manqué pour ce presque sexagénaire longiligne, qui connaît parfaitement le groupe où il a passé l'essentiel de sa carrière, malgré quelques escapades dans des cabinets ministériels socialistes.

Lorsque la SNCF fait face à des coups durs, il monte au créneau, assumant les défaillances de l'entreprise. C'est d'ailleurs l'une des ficelles de ce communicant habile : à chaque plainte ou doléance - et il y en a beaucoup -, il commence par reconnaître les torts de la SNCF, avant d'annoncer des améliorations.

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