La question du jour:

Les jihadistes arrêtés en Syrie doivent-ils être jugés en France ?




Les jihadistes arrêtés en Syrie doivent-ils être jugés en France ?

Un véhicule passe devant un panneau d'affichage portant le logo du groupe État islamique dans la région de Madan, dans la campagne de Deir Ezzor, en Syrie, le 24 septembre 2017.

Orange avec AFP, publié le vendredi 05 janvier 2018 à 07h00

JUSTICE. Le gouvernement a jugé jeudi 4 janvier que les Français de la nébuleuse jihadiste capturés en Irak et en Syrie devaient y être jugés dès que les conditions le permettent, sans toutefois fermer la porte à des retours en France.

Une trentaine de jihadistes français adultes, hommes et femmes, accompagnés de plusieurs dizaines d'enfants, auraient été arrêtés en Irak et en Syrie, dont la grande majorité par les forces kurdes en Syrie. Parmi eux, des figures connues comme Thomas Barnouin, 36 ans, vétéran de la nébuleuse jihadiste du Sud-Ouest de la France dans laquelle ont gravité Mohamed Merah ou les frères Clain -- et Emilie König, 33 ans, propagandiste et recruteuse notoire du groupe État islamique (EI), qui réclame son rapatriement en France.

Que faire ? Face à une opinion publique traumatisée par les attentats de 2015, perpétrés en partie par des jihadistes français revenus de Syrie, le gouvernement redouble de prudence. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a rappelé que "lorsque ces pays ont des institutions judiciaires qui sont reconnues", comme en Irak où ils encourent la peine de mort, les ressortissants français "seront jugés là". Mais le gouvernement était jusqu'ici resté plus flou sur la Syrie, où les Kurdes, et non le gouvernement de Damas, contrôlent une partie du nord et du nord-est du pays et disent y avoir capturé depuis un an 1.300 jihadistes locaux et étrangers.

"Pour la Syrie (...), nous allons travailler avec l'ensemble des partenaires, notamment la Croix-Rouge, pour nous assurer qu'elles bénéficient d'un procès équitable", a répondu jeudi Mme Belloubet, qui s'exprimait lors d'une visite à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, semblant accréditer l'idée que des Français pourraient être jugés sur place.

Dans la matinée, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait n'avait pas dit autre chose en estimant sur BFMTV que si "dans le Kurdistan syrien (...) il y a des institutions judiciaires qui sont en capacité d'assurer un procès équitable (...), elles seront jugées là-bas".

Ces déclarations ont soulevé un tollé chez les avocats et familles de plusieurs Françaises détenues avec leurs enfants en Syrie, dont beaucoup affirment n'avoir jamais pris les armes.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
189 commentaires - Les jihadistes arrêtés en Syrie doivent-ils être jugés en France ?
  • Surtout pas, qu'ils restent là-bas, pour être jugés,on en veut pas et surtout bien vérifié que leur soient coupées les prestations Pôle emploi,RSA et j'en passe qui j'en suis sur leurs sont encore versées

  • Ils ont rejoint l'EI, ils ont vantés les mérites de ce système, e maintenant qu'il faut rendre des comptes, ils cherchent a modérer leurs actes. Pas de pitié

  • ils restent la bas ,votre sondage est eloquent et tres realiste, secretement tout le monde pense la meme chose comme punition ou pour le moins une majorite. personne ne veut les voir revenir

  • non ils doivent etre jugé dans le pays ou ils ont commis des crimes et autre atrocité maintenant ils flipent parce qu il risquent la peine capitale

  • Non, Le terroriste Carlos a bien été jugé en France, le pays où il a commis ses exactions. Les combattants doivent être jugé dans le pays où ils ont combattu. De plus, ils ne reconnaissent pas les institutions républicaines et les combattent. Si effectivement certains n'ont pas commis de crime et se sont consacrés à des missions humanitaires, les tribunaux locaux, bien plus informés que nous sauront le reconnaître.
    Leurs avocats ne font que leur métier en défendant leurs "clients", leurs familles les soutiennent, qu'attendre d'autre de leur part?