La question du jour :

Présidence de LREM : Castaner doit-il quitter le gouvernement ?




Présidence de LREM : Castaner doit-il quitter le gouvernement ?
Christophe Castaner en conférence de presse à l'Elysée, le 15 novembre 2017.

, publié le samedi 18 novembre 2017 à 07h00

CUMUL - A la veille de son "sacre" à la tête de LREM, Christophe Castaner est confronté à un scepticisme grandissant, au sein même de la majorité, concernant son maintien au gouvernement au poste stratégique des Relations avec le Parlement.

Christophe Castaner restera-t-il au gouvernement ? Interrogé jeudi soir, en marge d'une réunion avec des adhérents d'En Marche, sur ce possible cumul de fonctions partisane et gouvernementale, l'intéressé n'a pas dissimulé son agacement: "Mais est-ce que vous avez entendu les gens dans la salle poser cette question ? Je trouve que la presse gagnerait à ressembler aux Français".

Adoubé par Emmanuel Macron, Christophe Castaner sera, sans concurrence, élu délégué général de LREM samedi à Lyon. Mercredi, il a laissé entendre qu'il quitterait sa fonction de porte-parole du gouvernement, sans toutefois exclure de rester au sein de l'équipe exécutive.

Peut-on demeurer aux Relations avec le Parlement tout en étant à la tête du parti hégémonique à l'Assemblée ? Quid, dans cette configuration, du Premier ministre Édouard Philippe, institutionnellement chef de la majorité mais qui n'est même pas membre du parti ? Matignon "n'a pas de commentaires à faire à ce stade".

"Demain, si je dois être député, je serai député", a glissé Christophe Castaner jeudi soir.

Interrogé mi-novembre sur cette hypothèse d'un retour au Palais Bourbon, il faisait valoir qu'il lui fallait "neuf heures de transport pour rentrer en circonscription" dans les Alpes-de-Haute-Provence.

LES FRANÇAIS ET L'OPPOSITION CONTRE LE CUMUL

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, sept Français sur dix estiment qu'il doit quitter le gouvernement. Le remaniement, qui concernera au moins le porte-parolat, devrait intervenir en début de semaine prochaine.

En attendant la grand-messe de Lyon, ce cumul éventuel fédère les oppositions. "Ça en dit beaucoup sur le fonctionnement sectaire" d'En Marche, a tonné le président du groupe LR Christian Jacob. "Le ministre des relations avec le Parlement ne peut pas être EN MÊME TEMPS l'interlocuteur des groupes de l'opposition et chef de parti", a tweeté Alain Vidalies (PS), titulaire de ce portefeuille sous le quinquennat Hollande.

Les interrogations pointent également dans les rangs de LREM. "Le cumul de ces deux fonctions-là pose un problème", a jugé Astrid Panosyan, membre de la direction transitoire du parti. "S'il se sent capable de faire des journées de 48 heures, tant mieux", a ironisé Barbara Pompili (LREM).

"Peut-être faudrait-il qu'il prenne un autre portefeuille", glisse un autre député LREM.

En revanche, pour Gabriel Attal, membre de la jeune garde de primo-députés de la majorité, Christophe Castaner "peut tout à fait combiner les deux". "Il faut que le mouvement soit en capacité d'interpeller le gouvernement. Christophe Castaner pourra le faire", a-t-il plaidé.

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