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Chômage : faut-il indemniser les démissionnaires ?




Chômage : faut-il indemniser les démissionnaires ?
Le chantier de l'assurance chômage "universelle" suscite déjà de nombreuses interrogations, notamment sur les contours de son extension aux démissionnaires.

Orange avec AFP, publié le mardi 17 octobre 2017 à 07h00

L'ouverture des droits aux indemnités chômage aux démissionnaires, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, sera "encadrée" et se fera "s'il y a un projet" de la part du démissionnaire, a précisé le président de la République dimanche soir sur TF1.

"On va encadrer, c'est la négociation que nous avons demandé aux partenaires sociaux de mener", a expliqué le chef de l'État. "Avec un peu de bon sens, tous les 5 ans, 6 ans, 7 ans, on peut donner ce droit aux salariés.

C'est ce que j'avais dit en campagne : j'avais dit au bout de quelques années, 5 ans".

Le président a cependant ébauché des critères plus restrictifs : "Il faut qu'on regarde les choses et il faut le donner s'il y a un projet. Celui qui en a assez, on ne va pas lui donner comme ça l'accès au chômage, mais celui qui au bout de 5 ans, 6 ans, 7 ans, a un autre projet, qu'on lui donne la possibilité de toucher le chômage pour mener cet autre projet", a-t-il expliqué.

MACRON NE CROIT PAS À L'EFFET D'AUBAINE

Les évaluations du coût de la mesure telle qu'annoncée dans un premier temps avaient alarmé, y compris au sein des organisations syndicales qui gèrent paritairement l'assurance-chômage avec le patronat. Certaines estimations allaient jusqu'à 14 milliards d'euros la première année de mise en oeuvre. Ce coût faisait craindre que, pour maintenir l'équilibre du régime, les droits de l'ensemble des chômeurs ne soient réduits.

Le président a estimé dimanche que les coûts étaient déjà élevés car aujourd'hui, quand cela ne va plus avec l'employeur, "vous faites une rupture conventionnelle", qui est "la plupart du temps (...) une démission déguisée, vous avez droit au chômage". "Et quand l'employeur refuse, "bien souvent vous vous mettez en maladie. Cela arrive dans beaucoup d'entreprises, malheureusement encore souvent, et vous le payez en indemnités journalières". Donc "dans la situation actuelle vous avez beaucoup de coûts, et après ça se finit aux prud'hommes". Par ailleurs,que quelqu'un dise "tiens j'ai envie de démissionner et je vais aller m'inscrire au chômage, je n'y crois pas beaucoup", a déclaré le président, disant ne pas croire aux effets d'aubaine.

Quels indépendants seront concernés ? Comment contribueront-ils au régime ? Comment sera définie la perte d'activité ouvrant droit à l'indemnisation ? Ces questions font l'objet d'une mission confiée aux inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF).

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