La question du jour:

Comprenez-vous le "ras-le-bol" des fonctionnaires ?




Comprenez-vous le "ras-le-bol" des fonctionnaires ?
La grève s'est traduite par des fermetures de services publics, crèches et établissements scolaires.

Orange avec AFP, publié le mercredi 11 octobre 2017 à 07h00

Des soignants aux enseignants, des ministères aux collectivités, les fonctionnaires sont plusieurs centaines de milliers à être descendus dans la rue mardi contre les "attaques" du gouvernement.

Ils étaient entre 209.000, selon le ministère de l'Intérieur, et 400.000 d'après la CGT, à défiler dans toute la France. À Paris, le cortège a réuni entre 26.000 (police) et 45.000 personnes (CGT).

"C'est un vrai succès parce qu'au-delà des manifestants, il y a ceux qui ont arrêté le travail et ils sont beaucoup plus nombreux", a commenté mardi soir sur CNews le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

DES INSTITS, "PAS DES PLANQUÉS"

Dans tous les métiers, des fonctionnaires en grève, rencontrés mardi par des journalistes de l'AFP dans les cortèges, disent leur "ras-le-bol". Ils réclament d'être mieux payés et témoignent, dans les hôpitaux notamment, d'un "quotidien extrêmement difficile". "Il y a des fonctionnaires qui sont au front tous les jours, les agents des hôpitaux, les policiers, les pompiers. On n'a pas non plus l'impression d'être des planqués", estime François Schill, 51 ans, directeur d'une école maternelle de Strasbourg. Le même directeur déplore la faiblesse des rémunérations : "Un instit commence aujourd'hui à 1.500 euros. En 42 ans de carrière, il peut espérer gagner seulement 1.000 euros de plus. Quel salarié pourrait supporter un truc pareil?".

À Lyon, Rindala Younes, enseignante de français de 44 ans, trouve "dégueulasse" la réinstauration d'un jour de carence en cas d'arrêt maladie. "On fait croire qu'il y a une différence entre public et privé mais les conventions collectives dans le privé font que 75% des salariés n'ont pas de jour de carence". Stéphane, 35 ans, professeur de philosophie croisé à Dijon, dénonce un gouvernement "qui avance ses pions libéraux dans tous les domaines".

SOIGNANTS "FATIGUÉS"

"Les agents sont fatigués de ne plus être auprès des patients. On ne discute plus, il faut que le travail soit forcément rentable et qu'on rapporte de l'argent", fustige Sandrine Knockaert, ex-agent des hôpitaux et représentante de SUD santé, à Strasbourg. "Notre quotidien est extrêmement difficile à cause des baisses d'effectifs dans tous les services", explique Christine, infirmière de 57 ans à Lyon, qui en fin de carrière touche "2.600 euros toutes primes confondues en travaillant un dimanche sur deux".

Julie, infirmière à l'hôpital Saint-Louis à Paris, est désabusée: "avant on était mal payées mais on avait, au moins, le sentiment de bien faire notre travail; aujourd'hui c'est plus le cas". "Nos conditions de travail se dégradent de jour en jour. Je me demande parfois ce que je fais là, ce sont les patients qui me font tenir". "Le problème c'est que la population oublie que les fonctionnaires sont ceux qui les protègent", estime Christian Senesi (CFDT) cadre hospitalier au CHU l'Archet à Nice, qui veut rappeler à Emmanuel Macron qu'il a "été élu pas pour lui mais contre Marine Le Pen".

LES POLICIERS "ROULENT DANS DES POUBELLES"

À Nice, Karine Jouglas, policière et représentante CFE-CGC manifeste son "désaccord" et sa "colère". "Les fonctionnaires de police roulent dans des poubelles, des voitures réformées, ils sont obligés de patrouiller à pied. Il y a un manque de moyens et d'effectifs. On veut un peu plus de considération et de respect", ajoute-t-elle.

Employée dans une mairie, Corinne, 54 ans, n'avait pas manifesté depuis "les années 80". Venue exprimer son "ras-le-bol général", elle en a "assez qu'on dise tout le temps que nous fonctionnaires, on a la sécurité de l'emploi, qu'on est bien payés, que tout est rose". Gagner "1.600 euros nets au bout de 15 ans, après un bac +5, ça fout un peu les boules".

Pour Marion Gilbert, agent de 38 ans à Rennes métropole, les fonctionnaires sont rassemblés pour dénoncer les "120.000 suppressions de postes (promises par Emmanuel Macron en cinq ans, NDLR) alors que les services sont déjà exsangues". "Le gel du point d'indice et le fonctionnaire bashing restent aussi en travers de la gorge des collègues".

À Lyon, Isabelle Rochat, travailleuse sociale de 57 ans, dit également son sentiment de "ras-le-bol et d'épuisement". "Il y a beaucoup d'arrêts maladie et on ne se pose pas la question de pourquoi", relève-t-elle en pointant un "manque de moyens dramatique". Une fonctionnaire à la région Ile-de-France, qui n'a souhaité taire son nom, dénonce une "maltraitance des fonctionnaires", "méprisés" et que l'on "fait travailler plus et mal".

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113 commentaires - Comprenez-vous le "ras-le-bol" des fonctionnaires ?
  • Juste pour dire que le sondage maison fait bien ressortir la tendance ici.
    LREM, le GVE et tous ses dépurés peuvent être heureux. Et ainsi,
    continuer la casse des acquis sociaux. J'en vois beaucoup qui, en parlant,
    du jour de carence disent que c'est injuste de le laisser aux Fonctionnaires.
    Il serait plus judicieux de dire "jour de carence injuste" mais pour tous.
    Et se battre pour obtenir sa suppression. Plutôt que de l'enlever à d'autres.
    Ce qui ne le rendra pas à ceux qui l'ont perdu. Et ça ne sert qu'à se soigner.

  • Avec ce que nous pouvons lire ,ma premiere pensée est que c'est encore fait pour diviser les Français ,le bon proverbe " diviser pour règner " a encore de beaux jours devant lui

  • Allez faire un petit séjour en hôpital et vous comprendrez pourquoi les fonctionnaires défilent dans la rue

  • Il est dommage que certains soient complices, consciemment ou non, des violences savamment et exponentiellement infligées aux employés du public afin d'imposer une société de plus en plus inhumaine. Il est honteux que des être humains soient si facilement soumis aux idées reçues et aux arguments fallacieux. Courage à tous ceux qui ont encore un coeur et une conscience.

  • Quand meme, moi un mec (ou une fille ) qui a la chance de travailler , qui a en tant que fonctionnaire la sureté de l'emploie, qui n' attrape pas souvent d'ampoules aux mains , qui ne se fatigue jamais plus que le strict nécessaire qui touche en moyenne 2500 euros par mois et qui ose se plaindre alors que d'autres survivent avec a peine 800euros de revenu par mois je trouve ça cocasse , voire indéliquat ! C'est ça la république en marche ? merci macron !

    Ce n'est pas le cas de tous les fonctionnaires. Mais je reste en accord avec vous pour une bonne partie de cette fonction.