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Allocations familiales : faut-il les enlever aux plus riches ?




Allocations familiales : faut-il les enlever aux plus riches ?
Une réforme n'est pas prévue dans l'immédiat, mais le gouvernement ne "ferme pas la porte".

Orange avec AFP, publié le mardi 10 octobre 2017 à 01h00

Se dirige-t-on vers la fin de l'universalité des allocations familiales ? Le député LREM et rapporteur général de la commission des Affaires sociales, Olivier Véran, a proposé de supprimer purement et simplement les allocations pour les ménages "les plus aisés" (plus de 6.000 euros de revenus mensuels nets). Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, n'est "pas fermé" à cette possibilité, même si la ministre de la Santé Agnès Buzyn - qui "doit porter" le projet - assure que la mesure n'est "pas à l'ordre du jour".

Cette réforme "pourrait être une mesure juste parce que quand on a un niveau de revenu élevé on n'a pas forcément besoin des allocations familiales", avait expliqué Bruno Le Maire le 3 octobre sur CNews. "Je ne suis pas fermé à cette idée, à une condition importante, c'est qu'on ne se contente pas d'une mesure ponctuelle", a toutefois nuancé le ministre de l'Economie, qui souhaite prendre en compte "l'ensemble de la politique familiale (...) pour s'assurer (qu'elle) reste juste et efficace".

440 MILLIONS D'EUROS D'EUROS PAR AN

"Il faut tout regarder", a-t-il insisté, évoquant en particulier "le quotient familial (et) les tarifs dans les services publics, notamment dans les crèches". La politique familiale "est un atout exceptionnel pour le pays", a ajouté Bruno Le Maire, sans esquisser le calendrier de cette réforme.

Le député (LREM) Olivier Véran avait rouvert ce débat sensible - et déjà soulevé pendant le quinquennat de François Hollande - en prenant position fin septembre dans Le Figaro pour la fin de l'universalité des allocations familiales. Selon le rapporteur de la commission des affaires sociales de l'Assemblée, leur suppression "pour ceux qui gagnent plus de 6.000 euros par mois représenterait une économie d'environ 440 millions d'euros par an".

En 2015, le gouvernement a introduit la dégressivité des allocations : les ménages gagnant plus de 6.085 euros net ont vu leur prestation divisée par deux, ceux gagnant plus de 7.955 euros divisée par quatre. Le Conseil constitutionnel avait expliqué que verser des allocations familiales différenciées en fonction des revenus n'était pas inconstitutionnel.

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