La question du jour:

Emmanuel Macron est-il "le président des riches" ?




Emmanuel Macron est-il "le président des riches" ?
Emmanuel Macron le 6 octobre 2017.

Orange avec AFP, publié le samedi 07 octobre 2017 à 07h00

POLITIQUE. De Whirlpool à la Corrèze, la séquence devait permettre à Emmanuel Macron de contrer l'accusation de "président des riches".

Las, sa saillie contre ceux qui foutent "le bordel" au lieu de chercher du travail a gâché ses efforts avant une semaine sociale tendue.

Baisse des APL de 5 euros, réforme de l'ISF, diminution de l'allocation aux parents de jeunes enfants de 15 euros par mois, hausse de la fiscalité sur les PEL ou du forfait hospitalier, hausse de la CSG pénalisante pour les retraités... Le président Emmanuel Macron est accusé d'être "le président des riches". "Un sentiment assez largement partagé", a estimé mercredi 4 octobre le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, sur France Inter.

La veille, des députés socialistes avaient exhorté les députés La République en Marche à "corriger le déséquilibre" d'un budget " de cadeaux" aux plus riches et "en trompe-l'oeil" pour le pouvoir d'achat.

UNE OFFENSIVE SOCIALE GÂCHÉE PAR UNE PHRASE

Une étiquette renforcée cette semaine avec la nouvelle sortie médiatique du chef de l'État. De Whirlpool à la Corrèze, Emmanuel Macron avait pourtant prévu une véritable offensive sociale. Las, sa saillie contre ceux qui foutent "le bordel" au lieu de chercher du travail a gâché ses efforts avant une semaine sociale tendue.

Sur le fond et la forme, sa phrase a déclenché une avalanche de critiques, d'autant plus que ce n'est pas la première du genre : "arrogance" pour Christian Jacob (LR), "mépris social" pour Olivier Faure (PS), "conception du travail hors sol" pour Sébastien Chenu (FN). "Chercher du boulot, Macron ne sait pas ce que c'est", a renchéri Adrien Quatennens (La France Insoumise). Dans Le Figaro, Olivier Faure l'a traité de "Sarkozy BCBG" qui s'adresse "à un électorat qui considère qu'un certain nombre de gens dans ce pays sont des assistés".

Au point que l'entourage présidentiel a dû expliquer jeudi 5 octobre que si le président "assume" ses propos sur le fond, il ne les aurait pas tenus dans "un cadre officiel".

57% des Français se disent choqués par ces mots, selon un sondage Harris Interactive pour RMC et Atlantico. Les analystes estiment également que ce genre de propos ancrent Emmanuel Macron davantage à droite, au risque de le couper de la frange gauche de ses partisans.

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