La question du jour:

Faudrait-il vendre les médicaments à l'unité ?




Faudrait-il vendre les médicaments à l'unité ?
Une étude commandée par le ministère de la Santé plaide pour la vente des antibiotiques à l'unité (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le mercredi 04 octobre 2017 à 06h00

Dans certains pays, comme les États-Unis, les médicaments sont vendus à l'unité. Autrement dit, les patients reçoivent le nombre exact de comprimés nécessaires à leur traitement.

Et il semblerait que ça soit efficace. Selon les résultats d'une expérimentation commandée par le ministère de la Santé, consultés le 2 octobre par l'AFP, la vente d'antibiotiques à l'unité permet de réduire de 10% les volumes délivrés aux patients, tout en favorisant une meilleure observance des traitements.

L'enquête a été conduite de novembre 2014 à novembre 2015, dans 100 pharmacies de quatre régions (Ile-de-France, Limousin, Lorraine, Provence-Alpes-Côtes-d'Azur), sous l'égide de l'Inserm. L'expérimentation portait sur 14 antibiotiques et leurs génériques. Elle avait été annoncée par le précédent gouvernement, dans le but de réaliser des économies et lutter contre le mauvais usage des médicaments, en particulier des antibiotiques, leur surconsommation favorisant l'antibiorésistance.

Ses résultats, dévoilés en septembre par la revue scientifique américaine PLOS ONE, "en toute discrétion", comme l'a noté vendredi le Quotidien du pharmacien sur son site internet, confirment les avantages économiques, environnementaux et sanitaires de la dispensation à l'unité, selon les auteurs de l'étude. Sur les quelque 1.185 patients ayant accepté de participer à l'enquête, 907 ont expérimenté ce type de dispensation (testée dans 75 pharmacies), les 278 autres ayant reçu des boîtes traditionnelles (dans les 25 autres pharmacies).

Dans 60% des cas de vente à l'unité, le conditionnement initial ne coïncidait pas avec la prescription. Et la distribution du nombre exact de comprimés nécessaires au traitement a permis de réduire de 9,9% le nombre de médicaments délivrés et remboursés par la Sécurité sociale (à 20 en moyenne), par rapport aux volumes délivrés avec les boîtes traditionnelles (23 en moyenne).

Contacté par l'AFP, le ministère de la Santé précise qu'il n'a pas "officialisé" les résultats de l'expérimentation, dans l'attente d'un rapport parlementaire sur le sujet, prévu prochainement.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.