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Le gouvernement doit-il revoir sa copie sur l'ISF ?




Le gouvernement doit-il revoir sa copie sur l'ISF ?
Emmanuel Macron a défendu sa réforme de l'ISF le 29 septembre 2017, en marge du sommet européen à Tallin, en Estonie

Orange avec AFP, publié le samedi 30 septembre 2017 à 07h00

Ce sont peut-être les premiers signes de tensions au sein de la majorité. La réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) inquiète certains députés de la majorité, qui demandent à "revoir" la taxation sur les produits de luxe, à l'image des yachts ou des jets privés.

Une démarche accueillie avec réserve par le gouvernement.

"Un yacht, c'est m'as-tu-vu, ce n'est pas productif pour l'économie": voilà comment le rapporteur du budget, Joël Giraud, a justifié vendredi sa volonté de retoucher certains aspects de la réforme de l'ISF, dans les colonnes du Parisien. "La nouvelle fiscalité en faveur du patrimoine permettra de réinjecter des liquidités dans l'économie" mais "je pense qu'il y a des choses à revoir", a expliqué le député des Hautes-Alpes, ancien du PRG, désormais membre de la majorité présidentielle. "Les yachts, les jets privés, les chevaux de course, les voitures de luxe ou encore les lingots d'or ne sont plus pris en compte" dans le nouveau dispositif. "Ce n'est pas possible! Des symboles de ce genre doivent être beaucoup plus taxés", a-t-il ajouté.



Un message qui illustre le malaise suscité dans une partie de la majorité par la réforme de l'ISF, mesure phare - mais aussi la plus controversée - du projet de loi de finances (PLF) 2018.

L'ISF, qui touche aujourd'hui 351.000 foyers, va en effet disparaître au 1er janvier, pour céder la place à un "impôt sur la fortune immobilière" (IFI), dont seront exemptés les valeurs mobilières et les placements (actions, assurance-vie...). Ce recentrage, destiné à stimuler l'activité en encourageant les contribuables les plus aisés à investir dans "l'économie réelle", devrait entraîner un manque à gagner de près de 3,2 milliards d'euros pour l'État.

Depuis Tallin, en Estonie, le président a défendu son projet. "Ce n'est pas la question de savoir de manière statique si les gens sont riches ou pauvres mais si on veut sanctionner la réussite pendant le cycle de vie", a argué M. Macron. "Beaucoup d'entre vous sont riches, dans cette salle, au titre des statistiques françaises et de ce qu'aucuns dénoncent. Il faut faire attention à ces mots", a-t-il dit à l'adresse des journalistes présents.  "Nous voulons mieux récompenser le travail, permettre aux gens de réussir. Nous avons besoin de  talents, la France a une structure fiscale qui n'est plus optimale, les talents qui réussisent sont partis en masse, ça va les faire revenir", a-t-il encore argumenté.

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