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Grève des routiers : soutenez-vous leurs actions ?




Grève des routiers : soutenez-vous leurs actions ?
La grogne sociale contre la réforme du code du travail s'amplifie avec le mouvement des routiers CGT et FO.

Orange avec AFP, publié le lundi 25 septembre 2017 à 07h00

Les routiers CGT et FO lancent, le lundi 25 septembre à l'aube, un mouvement reconductible contre la réforme du Code du travail. Ils annoncent des "actions fortes et visibles" et promettent une rapide pénurie de carburants.

"La mobilisation sera plus massive que lors de la loi El Khomri", a assuré dimanche au Parisien, le secrétaire général de la Fédération CGT Transports, Jérôme Vérité.

À Bordeaux, 350 conducteurs sont disponibles, pareil dans le Nord, 150 à Rouen. En Île-de-France mais aussi à Marseille, Lyon, Nice et dans toute la France, la mobilisation devrait être au moins aussi importante que contre la loi El Khomri. On peut s'attendre à une cinquantaine de points de blocage".

"Il faut qu'on soit entendu, enfin, qu'ils arrêtent d'être sourds, ce sera un gros, gros mouvement", a de son côté promis le responsable FO-Transports des Alpes-Maritimes, Michel Dey. "Nous aurons des camions qui vont se garer sur le bord des routes ou aux ronds-points pour restreindre la circulation, notamment à proximité des zones logistiques et des dépôts de carburant", a ajouté Jérôme Vérité dans Le Parisien. "On peut aussi s'attendre à des opérations escargot sur les périphériques".



Demain lundi et mardi, des dépôts pétroliers seront en grève et dans certaines raffineries, la production va diminuer". Des bases logistiques et dépôts de carburants, déjà ciblés avant l'Euro-2016 ou en mai dernier, sont notamment concernées. La CGT a d'ailleurs "incité" les automobilistes à "faire le plein assez rapidement", un conseil qui devrait accélérer la ruée vers les pompes...

Les organisations de chauffeurs dénoncent la possibilité de "faciliter" les licenciements économiques dans les grands groupes, "l'affaiblissement" des représentants du personnel ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. Ils s'inquiètent, plus spécifiquement, de la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d'ancienneté...), jusque-là fixés par la branche professionnelle.

"LA PLUS MAUVAISE FAÇON POUR EUX DE SE FAIRE ENTENDRE"

Les TPE et PME, soit l'essentiel du tissu économique, vont s'engager dans une course au "moins-disant social" pour remporter les appels d'offre, redoutent FO et CGT. "Manipulation grossière", rétorquent les fédérations patronales. "La convention collective ne prévoit pas de primes d'ancienneté mais des majorations d'ancienneté", celles-ci ne pourront "pas être remises en cause par les accords d'entreprise", assurent-elles.



Il s'agit "plus d'un sujet de droit commun que de transport", pointe de son côté la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, en relevant que les revendications des grévistes sont "plus larges que les ordonnances". Effectivement, des motivations catégorielles se sont greffées à la contestation. "La bonne réponse, ce n'est pas le blocage mais le dialogue", a répondu vendredi soir sur France Info la ministre des Transports, Élisabeth Borne, assurant aux chauffeurs que "le gouvernement est très mobilisé pour éviter le dumping social".

"Le congé de fin d'activité sera maintenu, l'État assurera sa part de financement", a ajouté Élisabeth Borne. Elle a précisé dans un courrier aux syndicats que ces engagements seraient concrétisés par amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Ce dispositif, obtenu en 1996 à l'issue d'une longue grève, permet aux conducteurs ayant une ancienneté suffisante de cesser le travail au plus tôt 5 ans avant l'âge légal, en conservant 75% du salaire brut jusqu'à la retraite.

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