La question du jour:

Les fonctionnaires ont-ils raison de se mobiliser pour leurs droits ?




Les fonctionnaires ont-ils raison de se mobiliser pour leurs droits ?
L'ensemble des syndicats de fonctionnaires appellent à la grève, une première depuis 10 ans.

Orange avec AFP, publié le samedi 16 septembre 2017 à 07h00

Les 5,4 millions d'agents publics sont appelés à la grève et à manifester le 10 octobre par l'ensemble de leurs syndicats, du jamais vu depuis 10 ans, pour exprimer leur mécontentement à l'égard du gouvernement.

Les fédérations CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FA (Autonomes), FO, FSU, Unsa et Solidaires ont lancé cet appel à la mobilisation vendredi 15 septembre dans un communiqué commun dénonçant les "mesures négatives" du gouvernement qui "s'accumulent" pour les fonctionnaires et qu'elles jugent "inacceptables".

Le 30 juin, M. Darmanin annonçait aux syndicats échaudés par une campagne présidentielle surtout soucieuse du coût des effectifs de la fonction publique, qu'il n'y aurait pas de hausse de la valeur du point d'indice (qui sert de calcul à la rémunération des agents publics, NDLR) pour 2018.

Gelé de 2010 à 2016, il avait été revalorisé de 1,2% en deux fois (0,6% en juillet 2016 et 0,6% en février 2017) en fin de mandat du précédent gouvernement. Quelques jours plus tard, Le Premier ministre, Edouard Philippe, confirmait la volonté du gouvernement de supprimer 120.000 postes dans la fonction publique d'ici 2022, par le non-remplacement de départs à la retraite, le porte-parole du gouvernement chiffrant à 570.000 le nombre de départs prévus d'ici la fin du quinquennat.

LA GOUTTE D'EAU QUI FAIT DÉBORDER LE VASE

Le lendemain, M. Darmanin annonçait la réinstauration du jour de carence, une mesure visant à réduire les absences pour maladie des agents publics, soit une perte de revenu non compensée par les employeurs publics, contrairement au secteur privé.

La proposition faite par le gouvernement aux syndicats mercredi pour compenser la hausse de la CSG a été "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", dit un représentant syndical. Unanimement rejetée par les syndicats, elle prévoit "une suppression de la cotisation exceptionnelle de solidarité (CES) de 1% pour les fonctionnaires" et de la cotisation maladie de 0,75% pour les contractuels, ainsi qu'une "indemnité compensatoire au 1er janvier". Mais elle ne sera "en aucun cas synonyme de hausse du pouvoir d'achat, contrairement aux engagements pris par le président", selon eux.

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