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Faut-il autoriser les téléphones portables en prison ?




Faut-il autoriser les téléphones portables en prison ?
Au premier semestre 2017, 19.339 téléphones portables et accessoires ont été découverts dans les prisons françaises

Orange avec AFP, publié le jeudi 24 août 2017 à 07h00

C'est un sujet brûlant et qui divise nettement les acteurs du monde pénitentiaire. Alors que le débat sur l'autorisation des téléphones portables en prison est relancé, les syndicats de surveillants y restent fermement opposés, tandis que les associations de défense des détenus se réjouissent.

Dans un entretien diffusé mardi par La Provence, la ministre Nicole Belloubet avait dit qu'il fallait "donner aux détenus des moyens de communication", estimant qu'il n'y avait "rien d'absurde" à envisager la distribution en prison de portables "bridés", comme le demande le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan. Dès le lendemain, le ministère de la Justice a assuré qu'il n'avait "jamais été question" d'autoriser les portables en prison, mais seulement de développer les lignes fixes, suivant l'expérience menée depuis un an à Montmédy (Meuse) où l'augmentation des postes fixes en cellule a fait chuter les saisies de portables.


Au premier semestre 2017, 19.339 téléphones portables et accessoires ont été découverts dans les prisons françaises, qui comptaient au 1er juillet quelque 70.000 personnes, condamnées ou en attente de leur procès.

Légaliser les portables serait "suicidaire", proteste David Calogine, secrétaire général adjoint de l'UFAP-UNSA, syndicat majoritaire chez les surveillants. Les détenus "ont toujours deux ou trois coups d'avance sur nous. Un téléphone bridé, ça se débride", déclare-t-il à l'AFP, assurant que les portables servent à certains détenus pour "faire leurs petits trafics". Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT pénitentiaire, considère qu'il "faut améliorer l'accès téléphonique pour les familles, mais pas avec des portables".

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