La question du jour:

La France doit-elle sortir du nucléaire ?




La France doit-elle sortir du nucléaire ?

Le site nucléaire de Cattenom (illustration).

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Orange avec AFP, publié le lundi 22 mai 2017 à 07h00

Les Suisses ont décidé dimanche de sortir à moyen terme du nucléaire en acceptant, à 58,2%, par référendum la nouvelle loi sur l'énergie interdisant les nouvelles centrales, soutenant les énergies vertes et réduisant la consommation énergétique.

Ce vote est le résultat d'un long processus engagé après l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, provoqué par un gigantesque tsunami en mars 2011. Quelques semaines après cette catastrophe, la Suisse avait décidé de sortir du nucléaire pour 2034 (tout en indiquant que cette date restait théorique), mais il a fallu attendre toutes ces années pour que la loi, adoptée par le Parlement en septembre 2016, soit entérinée par le peuple.



Le premier volet de la stratégie énergétique, que les Suisses ont accepté dimanche et qui entrera en vigueur l'an prochain, vise notamment à réduire la consommation d'énergie. Elle fixe entre autres des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par année: à savoir, par rapport au niveau de l'an 2000, une réduction de 16% d'ici à 2020 et de 43% d'ici à 2035.

La loi, qui soutient les énergies renouvelables comme le solaire, la géothermie et la biomasse, interdit en revanche la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie. La Suisse compte 4 centrales (cinq réacteurs nucléaires) produisant environ un tiers de l'électricité du pays.

EN FRANCE, ENGAGEMENT À RÉDUIRE LA PART DU NUCLÉAIRE

En France, le nouveau ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a confirmé jeudi soir l'objectif de réduire à 50% la part du nucléaire d'ici à 2025 et l'engagement de fermer la centrale de Fessenheim (est). "Le nucléaire, que l'on soit pour ou contre, de toute façon on ne peut pas s'en passer demain matin", a-t-il déclaré au journal télévisé de France 2.

Comme le nouveau président français Emmanuel Macron s'y est engagé, Nicolas Hulot compte appliquer la loi de transition énergétique, votée en 2015, qui prévoit de faire passer la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% à l'horizon 2025. "Mettre tous ses oeufs dans le même panier, c'est pas une bonne chose", a-t-il estimé.

Cependant "la démonstration se fera peut-être chemin faisant qu'on peut aller plus loin que 50% (d'énergie non nucléaire, NDLR)", a-t-il dit, tout en prévenant que "peut-être que le développement des énergies renouvelables sera plus lent que prévu".

La fermeture de la centrale nucléaire Fessenheim, à la frontière allemande, "aura lieu", mais "dans la concertation", a aussi assuré Nicolas Hulot. Cette fermeture doit intervenir au moment de la mise en service du réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville, dans le nord-ouest, prévue en 2019, mais elle est contestée par des élus régionaux et les syndicats de l'électricien EDF.

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111 commentaires - La France doit-elle sortir du nucléaire ?
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    Sauvageon  (privé) -

    L'Allemagne a décidé en 2011 de sortir progressivement du nucléaire d'ici 2022. La réduction du nucléaire est compensée en partie par les énergies renouvelables telles que l'éolien, la biomasse et le solaire (de 16,6 % en 2010 à 29 % en 2016), mais aussi par un accroissement temporaire du recours au lignite (de 23,0 % en 2010 à 25,4 % en 2014 puis diminution à 23,1 % en 2016) très fortement émetteur de gaz à effet de serre. Le gouvernement a décidé de subventionner la fermeture anticipée de 8 centrales au lignite entre 2016 et 2019, soit 13 % des capacités allemandes dans le lignite.

    L'Allemagne se distingue par des prix d'électricité parmi les plus élevés au monde : le prix moyen pour les ménages de l'électricité atteignait 327,07 $/MWh en Allemagne en 2014 contre 181,48 $/MWh en France et 126,71 $/MWh aux États-Unis.

    Seulement voilà, contrairement à la France où le prix de l'électricité ne cessent d'augmenter et peser sur les ménages, en Allemagne la part de budget consacré par chaque foyers à l'électricité est le même depuis... 1986 !

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    Sauvageon  (privé) -

    Au Danemark la production d'électricité repose pour 56 % sur les énergies renouvelables, en particulier les éoliennes (40,6 %) et la biomasse (13,3 %) ; la part du solaire augmente très rapidement : 1,9 %.

    Le Danemark a lancé depuis plus de 30 ans une politique de promotion des énergies renouvelables, et s'est fixé en 2012 l'objectif d'atteindre 35 % d'énergies renouvelables pour la consommation totale d'énergie, 50 % d'éolien dans la production d'électricité d'ici 2020 et 100 % d'énergies renouvelables en 2050.

    Les Danois vivent ils pour autant dans un pays sous développé, où misère et inconfort règnent ?

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    Sauvageon  (privé) -

    Toujours à savoir… :

    L’année dernière l’état Français a obligé EDF à racheter la société en faillite AREVA.
    EDF est actuellement dans un état financier catastrophique. Elle ne survie que grâce à la perfusion de l’état, c’est-à-dire grâce à l’argent des contribuables. Le coût de l'électricité payé dans le futur par les usagés ne peut qu'augmenter et non pas baisser grâce au nucléaire.

    AREVA est aujourd’hui sous le coup de poursuites judiciaires pour diverses affaires impliquant des milliards d’euros, notamment celle d’URAMIN. Des anciens dirigeants de cette sociétés, dont la famille LAUVERGEON, sont actuellement entendus par la justice.

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    Sauvageon  (privé) -

    Le lobby du nucléaire a tellement bien fait son travail depuis des décennies que l’esprit de nombreux Français est formaté jusqu’à la soumission.

    Beaucoup opposent le prix du nucléaire à celui des autres sources d’énergie, plus particulièrement les énergies renouvelables. Ils oublient, parfois sciemment, de prendre en compte le prix indirect payé par les contribuables depuis la construction jusqu’au démantèlement des centrales, pour ne prendre en compte que le prix payé du Kwh utilisé par l'abonné.

    Une fois mis bout à bout, le prix de la construction, du fonctionnement, du démantèlement qui quoi que l’on fasse est inéluctable, représente des centaines de milliards. Rajoutez à cela le prix de la gestion des tonnes de déchets nucléaires pendant au minimum des centaines d’années et le chiffre grossie encore.
    De plus, il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas à l’abri d’une catastrophe majeure qui, pour le coup, représenterait non seulement des milliards de dégâts, mais aussi une catastrophe humaine sans précédent. Des territoires entiers risquant d’être impropre à la vie humaine pour des centaines d’années.

    Actuellement, le programme EPR connait déboires sur déboires. Surcoût, dépassement des délais et malfaçons ne cessent de s’additionner.

    Quatre réacteurs de type EPR sont en cours de construction : un en Finlande, un en France à Flamanville et deux autres en Chine. Prévue pour durer 4 ans et demi, la construction de ces réacteurs se révèle très problématique puisque les chantiers de Finlande et de Flamanville sont respectivement commencés depuis 10 et 8 ans et sont encore loin d'être achevés, tandis que leur coût a plus que triplé, augmentant de 3 à 10,5 milliards d'euros chacun.

    Un projet de construction de quatre réacteurs EPR est envisagé en Angleterre, la livraison étant prévue pour 2023 au plus tôt. D’ores et déjà, ce projet a du plomb dans l’aile. Dernièrement il a été fait état que celui-ci risque de ne pas respecter ni les délais, ni le coût envisagé.
    A savoir que les Britanniques ont négocieé le contrat de manière à ce que tout retard et surcoût soit à la charge d’EDF, c’est-à-dire de l’état Français, donc du contribuable, NOUS.

  • Tout le monde sait que la Suisse peut à tout moment être victime d'un tsunami ! Podhivana

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