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Rafle du Vél'd'Hiv' : Marine Le Pen est-elle allée trop loin ?




Rafle du Vél'd'Hiv' : Marine Le Pen est-elle allée trop loin ?
Marine Le Pen le 10 avril à Paris.
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Orange avec AFP, publié le mardi 11 avril 2017 à 07h00

Le 16 juillet 1942, 13 000 personnes étaient arrêtées dans Paris et sa banlieue. A la demande de l'Allemagne nazie, ces arrestations furent menées par près de 7 000 policiers et gendarmes français.

En 1995, Jacques Chirac reconnaissait pour la première fois la responsabilité de l'État français dans ce que l'Histoire a retenu comme "la Rafle du Vél' d'Hiv'". Dimanche 9 avril, Marine Le Pen est revenue sur cette responsabilité, déclarant, dans "Le grand jury RTL-LCI-Le Figaro" : "La France n'est pas responsable du Vél' d'Hiv'". "S'il y a des responsables, c'est ceux qui étaient au pouvoir à l'époque, ce n'est pas la France. La France a été malmenée dans les esprits depuis des années. On a appris à nos enfants qu'ils avaient toutes les raisons de la critiquer, de n'en voir les aspects historiques que les plus sombres. Je veux qu'ils soient à nouveau fiers d'être Français", a poursuivi la candidate frontiste.

DES CANDIDATS À L'UNISSON

Les propos de Marine Le Pen ont provoqué un tollé dans la classe politique, notamment dans les rangs des candidats à l'élection présidentielle. Emmanuel Macron a condamné une "faute historique et politique lourde". "Je pense que Jacques Chirac avait justement pris ses responsabilités et eu un geste courageux", a-t-il ajouté sur BFMTV. Pour rappel, Jean-Marie Le Pen avait violemment condamné les propos de Jacques Chirac, affirmant que celui-ci payait "une dette électorale" aux juifs.


"Si on doutait que Marine Le Pen est d'extrême droite, on ne peut plus en douter", a lancé Benoît Hamon (PS) sur RTL. "Elle n'aime pas l'histoire, elle l'arrange. La responsabilité de la France est évidente. Il n'y avait pas un soldat allemand pour prêter main-forte aux policiers et à la milice pour opérer cette rafle du Vél'd'Hiv", a-t-il ajouté.

François Fillon a estimé pour sa part que "le FN est mal placé pour en parler, lui qui compte dans ses rangs des nostalgiques de Vichy".

"La rafle du Vél' d'Hiv', ce sont des policiers français notamment qui y ont participé. Ce n'était pas la République, évidemment, mais tout de même, on peut avoir des mots un petit peu plus subtils que ce qu'elle dit", a commenté sur CNews Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.
Philippe Poutou a estimé sur BFMTV que : "Marine Le Pen, ça ne change pas de Jean-Marie Le Pen, le parti reste le même". Quant à Jean Lassalle, il a dénoncé sur France Info des propos "accablants, indignes".

DES PROPOS SOUS LE COUP DE LA LOI ?

Face au tollé, Marine Le Pen a publié lundi un communiqué dans lequel elle défend une posture gaulliste.

"Comme Charles de Gaulle, François Mitterrand, ou encore de nos jours Henri Guaino, Jean-Pierre Chevènement ou Nicolas Dupont-Aignan, je considère que la France et la République étaient à Londres pendant l'Occupation, et que le régime de Vichy n'était pas la France", écrit-elle. Cette position "n'exonère en rien la responsabilité effective et personnelle des Français qui ont participé à l'ignoble rafle du Vél' d'Hiv' et à toutes les atrocités commises pendant cette période", poursuit la députée européenne.


Alors que le Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, a dénoncé de son côté des propos "révisionnistes", la candidate peut-elle tomber sous le coup de la loi ? "Marine Le Pen ne nie pas l'existence de la rafle du Vél' d'Hiv'. Et elle n'atténue pas la gravité de l'acte. Quel que soit le caractère contestable de ses propos, ils ne tombent pas sous le coup de loi", analyse, pour L'Express, Stéphane Babonneau, avocat pénaliste au Barreau de Paris.

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