La question du jour:

La justice doit-elle enquêter sur l'existence d'un "cabinet noir" ?




La justice doit-elle enquêter sur l'existence d'un "cabinet noir" ?
François Fillon accuse François Hollande d'organiser les fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires. (Photo d'illustration)

Orange avec AFP, publié le lundi 27 mars 2017 à 07h00

François Fillon, Valérie Pécresse... Les accusations se multiplient contre François Hollande et l'exécutif : il y aurait à l'Élysée un "cabinet noir" qui organise les fuites dans la presse sur les affaires judiciaires.

Les accusations s'appuient sur les révélations contenues dans un livre - "Bienvenue place Beauvau" -, qui dévoile les secrets de la police sous François Hollande.

À l'occasion de son passage dans "L'Émission politique" de France 2, François Fillon, mis en examen pour détournement de fonds publics et recel et complicité d'abus de biens sociaux, a accusé jeudi soir François Hollande d'organiser, à la tête d'un "cabinet noir", les fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires. "C'est un livre sur le ministère de l'Intérieur et la place Beauvau, qui, en 250 pages, explique que François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l'intéressent à son bureau, ce qui est d'une illégalité totale, comment il est branché directement sur Bercy, sur Tracfin, sur les informations qui lui sont apportées en permanence, comment il est au courant des moindres faits, des moindres filatures, y compris concernant son ancien Premier ministre Manuel Valls", a affirmé François Fillon.

FRANÇOIS HOLLANDE ASSURE "NE JAMAIS INTERFÉRER"

François Hollande a nié, non sans une pointe d'humour, l'existence de ce "cabinet noir". "Écoutez, il y a un cabinet heureusement, qui travaille, mais nous n'avons pas à nous mêler des affaires et vous savez ma position, ça a toujours été l'indépendance de la justice, le respect de la présomption d'innocence et ne jamais interférer", a répondu le chef de l'État. Avec une petite pique en prime : "Je crois que c'est très différent de mes prédécesseurs." "Tout est clair ici, et ce qui n'est pas clair c'est ce que François Fillon doit justifier auprès de la justice", a encore déclaré François Hollande.

Après François Fillon, Valérie Pécresse s'est elle aussi appuyée sur le livre pour dénoncer des manœuvres politiques. La présidente Les Républicains (LR) de la région Île-de-France a estimé sur son compte Facebook avoir été "victime d'une tentative de déstabilisation politique", après l'interpellation de son fils en septembre 2016, pour consommation de cannabis. Les auteurs du livre - les journalistes Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé - affirment que cette information est très vite remontée au sommet de la hiérarchie policière et qu'un des collaborateurs du président de l'Assemblée Claude Bartolone (PS), battu par Valérie Pécresse aux régionales de décembre 2015, en aurait aussitôt informé "ses contacts journalistes".

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