La question du jour:

Les candidats doivent-ils se prononcer sur l'euthanasie ?




Les candidats doivent-ils se prononcer sur l'euthanasie ?
Une chambre d'hôpital du CHU Angers (illustration).

Orange avec AFP, publié le samedi 25 mars 2017 à 07h00

Une Française de 59 ans, condamnée par la maladie de Charcot qui paralyse progressivement tous ses muscles, a choisi de se rendre en Belgique pour pouvoir mourir dans la dignité. Elle estime que la loi Claeys-Leonetti, votée à l'unanimité en 2016, ne répond pas au droit des malades à disposer de leur corps.

Dans une interview publiée vendredi 24 mars par Le Parisien, cette romancière et directrice de collection installée en Charente-Maritime explique qu'"en accord avec (s)a famille", elle a "décidé de devancer l'horreur" et d'aller mourir en Belgique, où le suicide médical assisté est autorisé.

La France proscrit l'aide active à mourir mais autorise une mise "sous sédation profonde et continue jusqu'au décès". Cette sédation n'est possible qu'en cas de maladie incurable, de pronostic vital engagé à court terme ou encore de résistance aux traitements antidouleur.

Anne Bert souhaite interpeller les candidats à l'élection présidentielle : "La loi Leonetti répond plus aux préoccupations des médecins qu'aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d'insupportables souffrances", écrit-elle dans une lettre adressée aux candidats. "Endormir un malade pour le laisser mourir de faim et de soif est-il réellement plus respectueux de la vie que d'y mettre fin par l'administration d'un produit létal ?", interroge-t-elle.

"Pour ma part, décider d'abréger ma fin de vie plutôt que de végéter emmurée avant de mourir est un choix éclairé en accord avec ma vision de l'existence, fait dans un état d'esprit lucide, et qui m'apporte un peu d'apaisement", poursuit-elle. "Persister à refuser le droit de choisir sa fin de vie, c'est accepter que des Français déterminés à le faire se suicident de façon violente ou clandestinement aidés, ou encore aillent aillent mourir hors frontières. Prenez donc vos responsabilités". Seules les équipes de Benoît Hamon et Emmanuel Macron lui ont répondu. Le candidat socialiste et celui de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sont les deux seuls candidats à s'être déclarés pour l'euthanasie.

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