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Présidentielle : Fillon peut-il relancer sa campagne ?




Présidentielle : Fillon peut-il relancer sa campagne ?
François Fillon a détaillé son programme économique lundi 13 mars durant une conférence de presse à Paris.

Orange avec AFP, publié le mardi 14 mars 2017 à 00h00

Hausse de la TVA, suppression des 35 heures, gouvernement resserré à 15 ministres... Le candidat Les Républicains (LR) à la présidentielle a détaillé son programme, lundi 13 mars, durant une conférence de presse à Paris.

Mais ces annonces n'ont pas fait oublier les différentes affaires dans lesquelles il est empêtré, chaque jour apportant son lot de révélations compromettantes. Dernier scandale en date : les costumes de luxe offerts à François Fillon.

Au point qu'il apparaît de plus en plus difficile, pour le candidat de la droite, en baisse dans les sondages, de se remettre en selle. François Fillon mise sur la défense de son programme pour relancer sa campagne, mais les affaires, entre sa convocation mercredi chez les juges d'instruction et les révélation du JDD sur ses costumes de luxe, continuent de concentrer l'attention. Le programme, rien que le programme. Interview aux Échos, matinale d'Europe 1, conférence de presse sur le projet : François Fillon veut revenir sur le terrain politique, deux jours avant la séquence judiciaire de mercredi.


Le candidat, qui assure ne pas édulcorer ses propositions malgré les critiques, a distillé quelques retouches programmatiques dans Les Échos - baisse des charges bénéficiant "d'avantage aux petits salaires", taux intermédiaire de TVA finalement inchangé - puis devant la presse. Il a notamment réitéré son engagement de former un gouvernement paritaire de 15 ministres qui, a-t-il expliqué, seront congédiés s'ils n'atteignent pas les "objectifs" qui leur seront assignés. François Fillon promet également un "code de bonne conduite" pour prévenir les conflits d'intérêts au gouvernement, et la publication "obligatoire" des liens de parenté entre les parlementaires et leurs collaborateurs - alors qu'il est empêtré, depuis plusieurs semaines, dans les soupçons d'emplois fictifs de son épouse et de deux de ses enfants comme collaborateurs parlementaires.

"Pas vraiment de choses nouvelles sous le soleil", a ironisé Michel Pouzol, porte-parole de Benoît Hamon sur BFMTV lundi, dénonçant le programme du candidat sur l'âge de la retraite ou les fonctionnaires. "Je pensais qu'on avait le projet de François Fillon depuis novembre" a ironisé Florian Philippot, vice-président du FN, fustigeant "un décalque en tous points des demandes de l'Union européenne". Le porte-parole du mouvement d'Emmanuel Macron, En Marche !, Benjamin Griveaux, dénonce, de son côté, "un programme pour les Français qui ont déjà réussi", qui fera "payer la purge" aux classes moyennes" et "populaires". "Un programme profondément brutal, antisocial" qui "va taper le service public", a lancé de son côté Alexis Corbière, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon.

• "C'est ma vie privée, ça ne regarde personne !"

Mais c'est avant tout sur de nouvelles révélations de la presse que François Fillon a dû se justifier dès le début de la matinée, se disant sur Europe 1 victime d'une "chasse à l'homme" et de "dizaines de journalistes" qui "fouillent dans (ses) poubelles".

Le JDD affirme qu'un mécène a signé, le 20 février, un chèque de 13.000 euros pour le règlement de deux costumes achetés chez Arnys, un tailleur parisien des quartiers chics. "C'est ma vie privée, ça ne regarde personne ! J'ai parfaitement le droit de me faire offrir un costume par un ami", s'est défendu l'ancien Premier ministre. "Tout ça n'a rien à voir" avec la politique, a-t-il balayé.

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