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Colonisation : Emmanuel Macron est-il allé trop loin ?




Colonisation : Emmanuel Macron est-il allé trop loin ?
Emmanuel Macron le 14 février 2017 en Algérie.

Orange avec AFP, publié le vendredi 17 février 2017 à 07h00

POLÉMIQUE - Le candidat du mouvement "En marche" a suscité l'indignation de la droite en affirmant, lors de son voyage en Algérie, que la "colonisation est un crime contre l'humanité". Il assure qu'il s'agit d'un "discours de vérité et de complexité".

Dans une interview à la chaîne privée algérienne Echourouk News, lors de son voyage en Algérie en début de semaine, Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de "crime contre l'humanité" et de "vraie barbarie".

Ce qui n'a pas manqué de provoquer un tollé : François Fillon estime que ces propos sont "indignes d'un candidat à la présidence de la République" ; Marine Le Pen les qualifie de "crime" contre la France. Face à la polémique, le candidat d'En marche accuse ses adversaires "d'instrumentaliser ses propos à des fins électoralistes."

Jeudi 16 février, l'ancien ministre de l'Économie a publié sur les réseaux sociaux une vidéo pour s'expliquer. Sans revenir sur ses propos, mais sans les renouveler, le candidat affirme avoir tenu "un discours de vérité et de complexité" pour "clôturer le deuil" de la guerre d'Algérie.


Concernant le passé colonial français, il estime qu'il "est temps de laisser le passé... passer. Sans repentance, et j'ai toujours été clair sur ce point, et sans refouler aussi". "Et je ne céderai rien à tous les responsables politiques qui aujourd'hui cherchent à instrumentaliser notre histoire, à instrumentaliser mes propos à des fins clientélistes ou électoralistes", lance-t-il.

Plus tard, sur RTL, Emmanuel Macron a affirmé qu'il avait "tenu un propos équilibré et qui consistait à dire en effet que des crimes ont été commis, des barbaries dans le cadre de la colonisation - en particulier dans les temps de guerre - et qu'en même temps une modernité par effraction s'est faite dans le cadre de cette colonisation",estime-t-il.

"Vous ne pouvez pas ne pas en parler" (de la colonisation), a-t-il par ailleurs déclaré au magazine Causette, lors d'une interview en direct sur le compte Facebook du magazine - "parce que c'est là dans la société, dans les quartiers. Chez les pieds-noirs, c'est une plaie ouverte (...) De la même façon, ça a été un traumatisme immense pour les soldats français qui se sont battus". Or, "après 1962, on a totalement refoulé ces années-là (...) On a laissé des plaies béantes", a-t-il regretté.

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