La question du jour:

Avez-vous peur de certains vaccins ?




Avez-vous peur de certains vaccins ?
Les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP) doivent pouvoir être administrés sans association avec d'autres injections (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le jeudi 09 février 2017 à 07h00

Les anti-vaccins ont marqué un point mercredi : le Conseil d'État a donné six mois au ministère de la Santé pour rendre disponibles en pharmacie des injections ne contenant que les trois vaccins obligatoires (DTP), sans association avec d'autres vaccins comme c'est le cas aujourd'hui.

Sans remettre en cause le bien-fondé de la vaccination, la justice administrative considère que les familles doivent pouvoir se procurer les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), et seulement ceux-là.

En France, les trois vaccins obligatoires sont la diphtérie depuis 1938, le tétanos depuis 1940, et la poliomyélite depuis 1964. Ils font l'objet de trois injections groupées (DTP) avant l'âge de 18 mois. Mais depuis 2008, le DTP seul n'est plus commercialisé : les laboratoires l'associent à d'autres vaccins "recommandés" dans des vaccins polyvalents, vendus plus cher.



De plus, une pénurie d'approvisionnement frappe depuis des mois les vaccins tétravalents (DTP + coqueluche) et pentavalents (qui vaccinent aussi contre l'haemophilius influenza, bactérie à l'origine de certaines méningites). En pratique, donc, "seuls les vaccins hexavalents" (DTP + coqueluche, haemophilius influenza et hépatite B) "sont aujourd'hui disponibles", avait reconnu le 16 janvier le rapporteur public du Conseil d'État. La ministre de la Santé Marisol Touraine "a saisi immédiatement les services du ministère et l'ANSM (l'agence du médicament) pour que l'État puisse mettre en œuvre cette décision dans le délai imparti".

LES "RISQUES" POUR LA SANTÉ DES VACCINS NON OBLIGATOIRES REJETÉS

Le ministère peut sanctionner les laboratoires qui ne respectent pas leurs obligations (avoir un plan de gestion des pénuries et prévenir les ruptures de stock), rappelle le Conseil d'État. Il peut aussi autoriser d'autres fabricants à exploiter leurs brevets ("licence d'office") ou faire fabriquer ou importer directement les vaccins par Santé publique France, ajoute la juridiction administrative.


"Ce travail s'inscrira dans la réflexion engagée sur la politique vaccinale qui pourrait faire évoluer le cadre législatif actuel", souligne le ministère. Un comité a en effet recommandé en décembre de rendre "obligatoires" de façon temporaire plusieurs vaccins aujourd'hui "recommandés" (coqueluche, rougeole, hépatite B...), pour remédier à la "baisse de la couverture vaccinale" liée à la "perte de confiance" des Français dans la vaccination. Une modification de l'obligation vaccinale doit toutefois passer par une loi, ce qui paraît difficile d'ici la présidentielle, a souligné Marisol Touraine en janvier.

Le Conseil d'État a en revanche rejeté l'argumentation des anti-vaccins sur les "risques" possibles pour la santé des injections non obligatoires, en l'absence d'"élément sérieux" de preuve. Ces vaccinations complémentaires, rappelle-t-il, "sont recommandées par le Haut conseil de la santé publique en raison de la gravité des affections considérées", comme la rougeole, la coqueluche ou certaines méningites. Dans sa plainte, ainsi que dans une pétition controversée, l'association IPSN (Institut pour la protection de la santé naturelle) met en avant la dangerosité supposée du vaccin hexavalent en raison des adjuvants qu'il contient (aluminium et formaldéhyde), et du lien "soupçonné" entre vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaque. Cette pétition revendique plus d'un million de signataires dont celle, médiatisée, du professeur Henri Joyeux, radié depuis de l'Ordre des médecins.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU